June 25, 2020 / 10:40 AM / 16 days ago

Baisse en trompe l'oeil du nombre de chômeurs en mai

PARIS (Reuters) - Le nombre de demandeurs d’emploi n’exerçant aucune activité a enregistré une baisse record en mai en France (hors Mayotte), la levée du confinement s’étant apparemment traduite par la reprise d’une activité partielle pour de nombreux inscrits à Pôle emploi, mais les effectifs cumulés des catégories A, B et C de chômeurs a atteint un plus haut historique, à 6,125 millions.

Le nombre de demandeurs d'emploi n'exerçant aucune activité a enregistré une baisse record en mai en France (hors Mayotte), la levée du confinement s'étant apparemment traduite par la reprise d'une activité partielle pour de nombreux inscrits à Pôle emploi mais les effectifs cumulés des catégories A, B et C de chômeurs a atteint un plus haut historique, à 6,125 millions. /Photo prise le 12 juin 2020/REUTERS/Stéphane Mahé

Selon les données publiées jeudi par le ministère du Travail et Pôle emploi, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) a reculé de 3,3% le mois dernier, soit 149.900 personnes de moins par rapport au mois d’avril.

Même s’il s’agit de la plus forte baisse mensuelle depuis le début de cette série statistique en 1996, elle n’a pas permis d’effacer l’explosion du chômage enregistrée sur fond de confinement généralisé en France (+7,1% en mars, +22,6% en avril).

Le nombre d’inscrits en catégorie A, s’il reflue par rapport au record de 4,576 millions atteint en avril, reste donc très élevé, à 4,426 millions le mois dernier, soit près d’un million d’inscrits supplémentaires par rapport au niveau qui était le sien avant la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.

Cette forte baisse a principalement été alimentée par une bascule vers les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite), et les effectifs cumulés des trois catégories ont pour leur part augmenté de 1,0% - soit 61.000 inscrits supplémentaires (après 209.300 en avril) - en atteignant un plus haut historique, à 6,125 millions.

VASES COMMUNICANTS

“Les personnes en intérim ou contrat court qui avaient été assez rapidement démobilisées les mois précédents semblent avoir été remobilisées tout aussi rapidement”, précise-t-on à la Direction des études et des statistiques du ministère du Travail (Dares) pour expliquer ces mouvements de vases communicants.

Le déconfinement ayant “mené mécaniquement à une reprise de l’emploi dans un certain nombre de secteurs”, ces chiffres “sont le signe d’un redémarrage progressif de l’activité, mais la situation reste difficile”, souligne le ministère du Travail dans un communiqué.

Autre indicateur suggérant que la reprise s’amorce sur le marché du travail en France, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) a annoncé mercredi que les déclarations d’embauche de plus d’un mois dans le secteur privé, hors intérim, avaient bondi de 75,9% en mai en France, après deux mois de net recul.

Pour accompagner la reprise, tout en tentant de ménager des finances publiques lourdement impactées par les mesures mises en place pour tenter d’éviter une explosion du taux de chômage, le gouvernement a notamment décidé d’alléger le protocole sanitaire imposé aux entreprises et fait évoluer la prise en charge de l’activité partielle. Des discussions sont aussi en cours avec les partenaires sociaux pour faire évoluer les règles de l’assurance chômage.

Myriam Rivet, édité par Bertrand Boucey

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