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L'OMS se penche sur sa gestion de l'épidémie de coronavirus

GENEVE/SYDNEY/PEKIN (Reuters) - Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé lundi qu’une évaluation indépendante de la gestion de la pandémie de coronavirus par l’organisation onusienne serait lancée dès que possible, une initiative soutenue par la Chine.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé lundi qu'une évaluation indépendante de la gestion de la pandémie de coronavirus par l'organisation onusienne serait lancée dès que possible, une initiative soutenue par la Chine. /Photo prise le 6 février 2020/REUTERS/Denis Balibouse

Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est engagé sur ce point au début de l’assemblée annuelle de l’OMS, qui s’est ouverte lundi à la mi-journée sous la forme d’une visioconférence au cours de laquelle le président chinois Xi Jinping a quant à lui défendu la gestion de cette crise sanitaire par les autorités de Pékin.

Le président américain Donald Trump a vivement mis en cause à plusieurs reprises l’action de l’OMS face à cette pandémie et suspendu la contribution financière des Etats-Unis à cette organisation basée à Genève. Il a également critiqué la Chine où la crise sanitaire a débuté.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a toujours plaidé pour une analyse post-pandémie, a précisé que cette évaluation serait lancée “dans les meilleurs délais, dès que la situation sera appropriée”.

“Nous avons tous des leçons à tirer de cette pandémie. Chaque pays et chaque organisation doit examiner sa réponse et tirer les leçons de son expérience. L’OMS est engagée à faire preuve de transparence, de responsabilité et d’amélioration continue”, a-t-il déclaré.

“Les risques restent élevés et nous avons encore un long chemin à parcourir”, a-t-il ajouté.

LARGE SOUTIEN POUR UN PROJET DE RÉSOLUTION

Ces déclarations du directeur général de l’OMS surviennent alors qu’une résolution appelant à une évaluation indépendante de la riposte de l’organisation à la pandémie, portée par l’Union européenne (UE), semble faire l’objet d’un large consensus auprès des Etats participant à l’Assemblée mondiale de la santé, instance décisionnaire de l’OMS.

Selon un document que Reuters a pu consulter lundi avant l’ouverture de cette réunion, ce projet de résolution avait recueilli le soutien de 116 des 194 Etats membres de l’OMS, sur les 130 nécessaires pour une adoption.

Outre l’évaluation indépendante de l’action de l’OMS, ce projet de résolution appelle également à un accès équitable à travers le monde aux tests de diagnostic, aux traitements et aux vaccins, une priorité mise en avant par le président français Emmanuel Macron lors de son intervention.

Il préconise également une poursuite des travaux sur cette crise sanitaire, notamment via des “missions scientifiques et collaboratives sur le terrain” afin d’identifier l’origine animale du nouveau coronavirus ainsi que les modalités de franchissement de la barrière des espèces et les voies de transmission à l’homme.

Le projet de résolution ne fait pas référence à la Chine, où le virus - désormais responsable de plus de 4,6 millions de contaminations et de plus de 310.000 morts à travers le monde - a émergé en fin d’année dernière dans un marché de Wuhan où étaient vendus des animaux sauvages vivants, selon la plupart des experts et selon l’OMS.

La Chine s’est jusqu’ici opposée aux appels à une enquête sur l’origine et la propagation du virus notamment réclamée par l’Australie, ce qui a suscité des tensions entre les deux pays ces dernières semaines.

Lors de son intervention devant l’Assemblée mondiale de la santé, Xi Jinping a précisé que la Chine serait disposée à ce que la réponse mondiale à cette crise sanitaire soit évaluée une fois que la pandémie sera contrôlée.

“Ce travail doit être mené de façon professionnelle et scientifique, et doit être conduit par l’OMS. Et les principes d’objectivité et d’équité doivent être respectés”, a-t-il souligné lors de son intervention en déclarant une nouvelle fois que la Chine avait agi de manière transparente et responsable.

Aux Etats-Unis, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a déclaré au début du mois disposer d’une “quantité importante de preuves” démontrant que le virus était sorti d’un laboratoire de Wuhan, une ville du centre de la Chine. Ce scénario est contesté par Pékin, ainsi que par l’OMS.

Selon des diplomates, la délégation américaine, menée par le secrétaire à la Santé Alex Azar, devrait s’abstenir de bloquer le consensus, tout en se “dissociant” d’au moins deux passages de la résolution, qui concernent pour l’un une référence aux droits de propriété intellectuelle des traitements et vaccins et pour l’autre la garantie d’un maintien de l’accès aux services de santé sexuelle et de procréation pendant la pandémie.

Le conseil de supervision de l’OMS, un groupe d’experts indépendant, a estimé lundi que l’organisation onusienne avait “fait preuve de leadership” dans sa gestion de la pandémie et jugé qu’une évaluation de ses performances devait être menée, mais “pas en plein coeur de l’action”, ce qui pourrait perturber son intervention.

Avec Kirsty Needham à Sydney et Cate Cadell à Pékin; version française Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Jean-Michel Bélot

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