May 15, 2020 / 4:02 PM / 12 days ago

L'art sans la foule : le musée Giacometti rouvre au public

PARIS (Reuters) - La Fondation Giacometti est ce vendredi l’un des tout premiers musées à rouvrir après deux mois de confinement à Paris, où les grandes institutions comme le Louvre restent closes, permettant au public de retrouver le plaisir simple d’admirer des oeuvres d’art.

La Fondation Giacometti est ce vendredi l'un des tout premiers musées à rouvrir après deux mois de confinement à Paris, où les grandes institutions comme le Louvre restent closes, permettant au public de retrouver le plaisir simple d'admirer des oeuvres d'art. /Photo prise le 15 mai 2020/REUTERS/Charles Platiau

Marquage au sol à l’entrée pour séparer les visiteurs ayant réservé en ligne, horaires aménagés, mise à disposition de gel hydroalcoolique, création d’un audioguide : tout est prévu pour respecter les conditions sanitaires imposées par l’épidémie de coronavirus dans ce musée de 350 m2 sis dans un hôtel particulier de style Art Déco du quartier du Montparnasse.

Laurent Koch, financier et grand amateur d’art, a été l’un des premiers à entrer, un masque sur le nez mais les yeux grand ouverts sur les oeuvres.

“Je passe toute ma vie, hors travail, dans les musées ou à l’école du Louvre et je suis en manque total depuis mi-mars. J’ai fini le dernier jour au musée des Arts Déco et j’attendais avec impatience la réouverture du premier musée parisien ou francilien pour y foncer”, a-t-il confié.

A raison de dix personnes toutes les 20 minutes quatre jours par semaine, le musée pourra accueillir trois fois moins de visiteurs qu’avant le confinement.

“Tout a été fait pour que les gens se sentent totalement en sécurité dans ce lieu et ne soient même pas traversés par l’idée, lorsqu’ils visitent, qu’il y a d’autres considérations à prendre en compte que celle des oeuvres et de la jouissance de l’exposition”, a dit à Reuters Catherine Grenier, présidente de la Fondation Giacometti. “Les gens ont à nouveau besoin d’une relation physique avec les oeuvres. Pendant le confinement ils en ont regardé beaucoup sur les réseaux sociaux mais ce n’est pas la même chose d’être directement face à face avec une oeuvre.”

“L’HOMME QUI MARCHE”, IMAGE DE LA RÉSILIENCE

Le protocole de déconfinement entamé lundi dernier autorise la réouverture des “petits musées”, dont fait partie le bâtiment dédié à Alberto Giacometti, peintre et sculpteur d’origine suisse (1901-1966) ayant passé la majeure partie de sa vie à Paris.

Outre des sculptures en plâtre, en terre et en bronze, des carnets de dessins et des photographies, le lieu propose une exposition consacrée aux oeuvres disparues du maître dont le petit atelier est reproduit à l’identique, travaux originaux et objets personnels compris, au rez-de-chaussée.

Non sans rappeler le sentiment d’enfermement ressenti par nombre de Français durant les huit semaines de confinement.

“C’est un artiste qui a vécu dans un espace très réduit toute sa vie, qui a produit une oeuvre immense dans 24 m2 donc c’est un témoignage de la capacité de s’extraire de cet effet de confinement, de laisser libre court à son imagination, de penser à autre chose”, dit Christian Alandete, directeur artistique. “C’est l’artiste qui a créé ‘L’Homme qui marche’, l’image de la résilience : quelles que soient les épreuves que l’on vit, l’homme a toujours la capacité de se réinventer, d’avancer, de continuer”.

Elizabeth Pineau

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