May 11, 2020 / 2:55 PM / 3 months ago

Charles-de-Gaulle: des erreurs et un excès de confiance, mais pas de faute du commandement, dit Parly

PARIS (Reuters) - Des erreurs ont été commises concernant les mesures de prévention pour lutter contre le coronavirus à bord du porte-avions Charles de Gaulle mais les enquêtes n’ont pas révélé de faute de la part du commandement du navire, a déclaré lundi la ministre des Armées, Florence Parly.

Des erreurs ont été commises concernant les mesures de prévention pour lutter contre le coronavirus à bord du porte-avions Charles de Gaulle mais les enquêtes n'ont pas révélé de faute de la part du commandement du navire, a déclaré lundi la ministre des Armées, Florence Parly. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier

Les premiers cas de contamination sont sans doute apparus à bord à l’occasion de rotations aériennes entre les escales du Charles de Gaulle à Chypre et à Brest, et non lorsqu’il a fait relâche dans le port breton à la mi-mars, a annoncé la ministre en citant les conclusions des enquêtes d’épidémiologie et de commandement qui viennent de s’achever.

Tous les marins du groupe aéronaval sont désormais guéris à l’exception d’un malade toujours hospitalisé après être sorti de réanimation, a-t-elle ajouté.

“Au regard des informations dont nous disposons aujourd’hui, il y a eu des erreurs sur les mesures à prendre pour lutter contre le coronavirus”, a dit Florence Parly d’une audition devant la commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale.

“Les enquêtes soulignent que le commandement et son conseil médical ont eu une confiance excessive dans la capacité du groupe aéronaval et du porte-avions à faire face au virus (...) Elles n’ont pas signalé de faute concernant le commandement du Charles de Gaulle.”

“Le commandement a pris des décisions en fonction des informations dont il disposait. Il a toujours eu le souci de la santé de son équipage. Dès la mi-février, il a pris des mesures et a toujours veillé à prévenir le risque (de contamination) sur la base, encore une fois, des informations dont il disposait”, a-t-elle détaillé.

Selon Florence Parly, les “erreurs” qui ont pu être commises s’expliquent notamment par le retour d’expérience de la crise de grippe aviaire H1N1, qui n’avait pas empêché le Charles de Gaulle de naviguer en 2009, et par le fait que les “symptômes du COVID-19 était insuffisamment décrits à l’époque”.

Des mesures de précaution avaient été prises à bord dès le mois de février, alors que le groupe aéronaval naviguait en Méditerranée, entre deux escales à Chypre et en Bretagne, mais elles n’ont pas suffi à empêcher l’introduction du virus, sans doute à la faveur d’une rotation aérienne de relève avec Chypre, la Sicile, les Baléares ou le Portugal, a poursuivi Florence Parly.

RÉINTRODUCTION DU VIRUS À BREST

Le Charles de Gaulle a fait escale dans le port chypriote de Limassol les 20 et 21 février.

Il s’est ensuite arrêté à Brest entre le 13 et le 16 mars, soit juste avant le confinement obligatoire instauré le 17 mars dernier en France. Les familles n’avaient pas pu monter à bord mais les marins avaient pu rencontrer leurs proches à l’occasion de cette escale. Par ailleurs, une relève d’une cinquantaine de marins est alors montée à bord.

“L’escale à Brest n’a pas été la cause de la contamination mais elle a été l’occasion de la réintroduction du virus et un facteur de l’accélération de sa propagation”, a précisé Florence Parly en citant les résultats de l’enquête épidémiologique.

“Les mesures de distanciation prises après l’escale de Brest ont été efficaces mais elles ont beaucoup pesé sur les liens de commandement et le moral de l’équipage”, a ajouté la ministre, qui a ainsi expliqué qu’elles aient été levées “au terme de la quatorzaine”, le 30 mars.

A l’époque, a-t-elle assuré, il n’y avait aucun cas de COVID-19 connu à bord.

“Les signaux faibles de la présence du virus à bord n’ont pas été identifiés à temps”, a reconnu la ministre, selon laquelle les cas suspects ont été mis sur le compte de simples “états grippaux”.

“Le doute s’est installé le 5 avril quand un marin débarqué au Danemark s’est avéré positif, ainsi qu’avec l’afflux soudain de patients à l’infirmerie.”

Florence Parly a déploré de n’avoir été informée de cette situation que deux jours plus tard, le 7 avril, date à laquelle elle a ordonné au groupe aéronaval d’écourter sa mission et de rentrer prématurément à Toulon.

A l’arrivée du Charles de Gaulle dans son port d’attache cinq jours plus tard, 1.081 des quelque 1.800 marins à bord ont été testés positifs au COVID-19, une rapidité de propagation de l’épidémie qui a “surpris le commandement”, a conclu la ministre.

Edité par Jean-Philippe Lefief

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