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Polémique sur l'accueil des enfants de soignants dans les écoles de Toulouse

TOULOUSE, Haute-Garonne (Reuters) - Fédérations de parents d’élèves des écoles de Toulouse et personnels soignants ont dénoncé “la mise à l’écart” des enfants de soignants qui n’ont pas pu réintégrer dès ce lundi leurs écoles d’avant le confinement.

Une employée chargée de la protection de matériaux dans une école de Nantes. Fédérations de parents d'élèves des écoles de Toulouse et personnels soignants ont dénoncé "la mise à l'écart" des enfants de soignants qui n'ont pas pu réintégrer dès ce lundi leurs écoles d'avant le confinement. /Photo prise le 11 mai 2020/REUTERS/Stéphane Mahé

Depuis le 16 mars, huit écoles de Toulouse organisent l’accueil spécifique des enfants des personnels soignants dans le cadre de leur prise en charge en temps de confinement. Mais en dépit de la réouverture progressive des écoles, ces enfants resteront dans les écoles qui les ont hébergés durant le confinement.

Dans un courrier adressé le 5 mai aux parents d’élèves des écoles qui avaient été réquisitionnées pour ces enfants, une inspectrice de l’Education nationale indique que “les enfants des personnels soignants resteront donc sur les écoles spécifiquement dédiées à leur accueil afin de ne pas occasionner un brassage d’enfants qui ne seraient pas en accord avec les conditions sanitaires requises”.

Une mesure jugée “stigmatisante” par les parents d’élèves.

Pour Muriel Paletou, présidente de la Fédération des conseils des parents d’élèves (FCPE) de Haute-Garonne, “ce mot ‘brassage’ est maladroit car il est discriminant pour ces enfants”.

La semaine dernière, le rectorat avait indiqué à la FCPE de Haute-Garonne que “les enfants des personnels soignants regagneraient bien leurs écoles d’origine”.

“J’ai donc été très surprise quand j’ai été alertée de cette lettre envoyée aux parents d’élèves”, a précisé à Reuters Muriel Paletou. “J’aurais compris qu’on explique que ces enfants, un public particulier, restent dans les écoles du confinement pour des raisons d’horaires ou de modes de garde du personnel soignant mais les empêcher de rentrer dans leur école d’origine pour des raisons sanitaires, c’est difficile pour les enfants concernés.”

RÉINTÉGRATION “À TERME” DANS LES ÉCOLES PRÉ-CONFINEMENT

La polémique toulousaine a gagné les réseaux sociaux, interpellant la présidente des Jeunes Médecins Ile-de-France, qui a rédigé un texte sur le site de la communauté.

“Pour répondre à l’anxiété de la population, les enfants de soignants sont stigmatisés et discriminés avec des mesures drastiques de distanciation sociale avec les autres élèves qui sont disproportionnées”, a écrit Lamia Kerdjana, anesthésiste-réanimatrice à l’hôpital Lariboisière.

“En effet, ces enfants, en l’absence de symptômes, n’ont aucune raison de subir une éviction de leur classe et aucune étude ne permet d’affirmer que les enfants de soignants sont plus transmetteurs du coronavirus que les autres enfants accueillis. Par ailleurs, cette population d’élèves est probablement plus sensibilisée aux mesures barrières que les enfants dont les parents ne sont pas soignants”, précise-t-elle.

“De plus, Toulouse est en zone verte, contrairement à l’Ile-de-France. Pourtant, ici, on ne procédera pas de la même manière. Ces mesures discriminatoires portent atteinte à l’intégrité morale des enfants de soignants”, conclut-elle.

Dans un communiqué, le rectorat de l’Académie de Toulouse explique que les enfants du personnel soignant réintégreront leurs écoles d’origine à terme, sans détailler les dates et les modalités.

“A compter du 11 mai 2020, avec la réouverture progressive des écoles, cet accueil demeure une priorité et continue d’être assuré afin d’accompagner au mieux les familles qui le souhaitent”, indique le rectorat. “Naturellement, les enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire ont vocation à rejoindre, avec leurs camarades, leur lieu de scolarisation d’origine au fil de la réouverture des écoles et des classes.”

Julie Rimbert, édité par Henri-Pierre André

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