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A J-4, la France détaille son plan de déconfinement progressif

PARIS (Reuters) - Ecartelé entre l’impératif de reprise de l’activité et la crainte d’une nouvelle vague épidémique, le gouvernement d’Edouard Philippe a détaillé jeudi son plan de déconfinement qui doit permettre à partir de lundi de desserrer l’étau instauré de manière inédite en France depuis sept semaines pour lutter contre le coronavirus.

Ecartelé entre l'impératif de reprise de l'activité et la crainte d'une nouvelle vague épidémique, le gouvernement d'Edouard Philippe a détaillé jeudi son plan de déconfinement qui doit permettre à partir de lundi de desserrer l'étau instauré de manière inédite en France depuis sept semaines pour lutter contre le coronavirus. /Photo prise le 7 mai 2020/REUTERS/Christophe Archambault

Accès limité aux transports publics en Ile-de-France, attestation obligatoire pour tout déplacement à plus de 100 kilomètres “à vol d’oiseau” de chez soi et geste d’ouverture sur les plages : le Premier ministre a précisé les modalités de ce début de retour à la normale qui, si l’évolution de l’épidémie le permet, sera suivi d’un nouvel assouplissement du confinement le 2 juin prochain.

“Lundi prochain sera le premier jour d’une phase nouvelle, d’un redémarrage de notre vie sociale, ce ne sera pas une vie totalement normale (...) mais ce sera le début de cette nouvelle phase qui demandera de la part de chacun des Françaises et Français de la discipline et de la responsabilité”, a déclaré le chef du gouvernement lors d’une conférence de presse à Matignon.

“C’est dans la durée que nous arriverons à maîtriser” l’épidémie, a-t-il ajouté. “Dans trois semaines, à la fin du mois de mai, nous saurons si oui ou non nous avons réussi à contenir l’épidémie. Si ces nombres restent bas, nous pourrons passer à une nouvelle phase. Si ça n’est pas le cas, nous en tirerons les conséquences et nous nous adapterons.”

Au total, quatre régions – Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche Comté – restent toujours classés “rouge” dans la carte qui prend en compte trois critères (circulation du virus et tension hospitalière sur les capacités en réanimation et capacité en tests). Le déconfinement est par ailleurs reporté à Mayotte.

“TRIER SUR LES QUAIS?”

Comme ses voisins européens, en Espagne, en Italie ou encore en Allemagne, l’exécutif français est confronté, en amorçant son déconfinement, à un délicat exercice d’équilibriste, entre impératif de sécurité sanitaire et nécessité économique sous pression de l’opposition.

Quelques minutes après la présentation du plan, le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a dit souhaiter “que ça marche.”

“Mais je n’y crois pas. Les saisonniers vont revenir. L’augmentation de l’offre de transport est sans rapport avec la population au travail... Empilement en vue. Comment vont être triés sur les quais les gens avec et sans autorisation de leur entreprise?”, a-t-il réagi sur Twitter.

Selon le dernier bilan de la direction générale de la Santé fourni mercredi soir, l’épidémie de coronavirus a causé en France la mort de 25.809 personnes depuis le 1er mars dans les hôpitaux, Ehpad et autres établissements médico-sociaux.

Le nombre de patients admis dans les services de réanimation continue de baisser chaque jour, mais le nombre de cas graves reste tout de même élevé et “la glace est fine”, a prévenu ces derniers jours Emmanuel Macron, appelant les Français à la prudence et les exhortant à continuer d’appliquer les gestes barrières.

Le spectre d’une nouvelle vague, qui pourrait survenir selon les épidémiologistes début juin et durer tout l’été, est dans tous les esprits et a conduit le “Monsieur déconfinement” du gouvernement Jean Castex à faire savoir qu’un plan de reconfinement était prêt et à mettre en garde contre un relâchement dans les trois prochaines semaines.

RÉOUVERTURE DES COMMERCES SUR LES CHAMPS-ELYSEES

Dans le même temps, les appels, notamment du Medef et des milieux économiques, se multiplient pour une reprise rapide de l’activité afin de limiter le décrochage et l’impact sur une économie française en récession qui s’est contractée de 5,8% au premier trimestre selon une première estimation de l’Insee.

Après sept semaines d’arrêt quasi complet du pays, l’emploi salarié dans le secteur privé a quant à lui chuté de 2,3% au premier trimestre, toujours selon l’Insee. Pôle Emploi a de son côté enregistré une augmentation du nombre de chômeurs de l’ordre de 250.000 personnes en mars.

“Nous devons relancer l’activité économique”, a insisté le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, confirmant la réouverture de tous les cafés lundi prochain à l’exception, connue, des cafés, bars, et restaurants dont le sort sera fixé fin mai.

Au total, 400.000 entreprises représentant 875.000 emplois vont donc rouvrir, a-t-il ajouté lors de la même conférence de presse à Matignon. Le comité des Champs-Elysées a pour sa part annoncé la réouverture de plus de 50 % des commerces le long de la célèbre avenue parisienne dès lundi 11h00, avant celle de la totalité des commerces de détail sous 15 jours.

Marine Pennetier et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot

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