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Déconfinement: La date du 11 mai n'est pas inscrite dans le marbre

PARIS (Reuters) - Mettant en garde contre un relâchement du respect des mesures de confinement, le gouvernement français a souligné dimanche que la date du 11 mai choisie pour engager le déconfinement de la France pourrait être remise en question si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé.

Mettant en garde contre un relâchement du respect des mesures de confinement, le gouvernement français a souligné dimanche que la date du 11 mai choisie pour engager le déconfinement de la France pourrait être remise en question si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé. /Photo prise le 2 mai 2020/REUTERS/Benoit Tessier

“Si le confinement est bien respecté jusqu’au bout, le couvercle aura été mis sur la casserole de l’épidémie, et nous pourrons déconfiner progressivement dans les meilleures conditions”, explique le ministre de la Santé, Olivier Véran dans une interview au Parisien.

“Dans le cas contraire, et si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé, la date de lever du confinement pourrait être remise en question et sera appréciée selon les départements”, ajoute-t-il.

“Notre objectif, c’est le déconfinement pour l’ensemble du territoire national dès le 11 mai”, a pour sa part déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, mais, a-t-il rappelé au Grand Jury Le Figaro-RTL-LCI, c’est un “objectif à conquérir”.

“C’est notre objectif et nous allons l’atteindre, j’en suis convaincu”, a-t-il poursuivi, observant qu’il y avait “effectivement plus de monde dans les rues” mais que les Français contrôlés étaient “en règle” et que les forces de l’ordre ne dressaient pas davantage de verbalisation.

Ce rappel intervient alors que le taux de transmission du virus, le fameux “R0”, qui était descendu à 0,5 grâce aux mesures de confinement en oeuvre depuis le 17 mars, est en train de remonter entre 0,6 et 0,7. Ce taux de reproduction du virus représente le nombre de personnes qu’un individu infecté contamine. Quand il est inférieur à 1, l’épidémie recule.

Autre signal, les dernières données du baromètre de l’association Datacovid avec l’institut Ipsos montrent un léger fléchissement du respect par les Français des gestes barrières face au coronavirus et une augmentation globale du temps moyen passé chaque jour à l’extérieur.

Sur la période du 15 au 21 avril, le sondage mené semaine après semaine auprès d’un échantillon de 5.001 personnes indique que le respect des gestes barrières demeure à un niveau élevé mais en légère baisse, écrit Le Monde vendredi.

RENDEZ-VOUS JEUDI

Dès sa présentation de la stratégie de sortie progressive et différenciée du confinement, mardi dernier devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe avait souligné que le plan dépendrait de l’évolution de l’épidémie et évoquait un seuil de 3.000 cas supplémentaires par jour.

“J’ai indiqué que nous fondions notre stratégie de tests sur une hypothèse de 3.000 cas nouveaux par jour autour du 11 mai”, avait alors souligné le chef du gouvernement.

“Si le confinement se relâchait d’ici là; si, à l’approche du 11 mai, disons jeudi 7 mai, il apparaissait que le nombre de nouveaux cas journaliers n’était pas dans la fourchette prévue; que nous ne parvenions pas à casser les trop nombreuses chaînes de contamination, alors nous devrons en tirer les conséquences”, ajoutait-il, et d’enchaîner: “Je le dis aux Français, si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement.”

Le 27 avril, soit la veille de son discours, la direction générale de la santé avait fait état de 3.764 cas supplémentaires en 24 heures. Ce nombre est tombé depuis à une moyenne de 1.132 cas supplémentaires par tranches de 24 heures (+794 dans le dernier bilan quotidien, samedi soir), dans les limites fixées par l’exécutif.

Samedi soir, le nombre des décès s’est accru de 166 décès supplémentaires en l’espace de 24 heures, la progression la plus faible observée depuis le 22 mars, pour atteindre les 24.760 morts depuis le début de l’épidémie.

LE RISQUE DES CARTES

La date du 11 mai a été dévoilée par Emmanuel Macron le 13 avril dernier lors d’une allocution télévisée suivie par 36,7 millions de téléspectateurs, du jamais vu dans l’histoire des mesures d’audience.

Ce soir-là, le président avait déjà prévenu que “le lundi 11 mai ne sera possible que si nous continuons d’être civiques, responsables, de respecter les règles et que si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir”.

La publication depuis jeudi de cartes présentant les départements en vert, orange et rouge en fonction de la circulation du virus et de la tension sur les capacités en services hospitaliers de réanimation a pu donner le sentiment d’une situation contrôlée dans certaines parties du territoire.

Conscient du risque, l’exécutif multiplie les précautions autour de ces cartes, indiquant à l’instar d’Olivier Véran qu’elles ne changent “absolument rien au confinement qui reste nécessaire jusqu’au 11 mai”.

“Il ne faut pas que les Français qui se voient vivre dans un département qui apparaît en vert ce soir considèrent qu’ils pourraient sortir ou prendre des risques”, réclamait-il jeudi soir sur TF1.

Avis partagé par Pascal Crépey, spécialiste des épidémies à l’École des hautes études en santé publique, qui estime dimanche sur France Info que ces cartes “représentent un risque, notamment pour les départements en vert, que le déconfinement se relâche”.

“Or, ajoute-t-il, la réussite du déconfinement et du dispositif qui est mis en place, elle repose sur la réussite du confinement. Si le confinement se relâche trop tôt, le déconfinement deviendra très compliqué et moins efficace et on s’exposera à un risque de rebond de l’épidémie.”

Même constat pour le maire de Montpellier, Philippe Saurel, qui a souligné également sur France Info que “la fin d’une épidémie ne se décrète pas politiquement. Ce n’est pas parce que le département est vert qu’il n’y a plus de virus”.

Henri-Pierre André

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