April 3, 2020 / 4:11 PM / 2 months ago

Un air plus pur et moins de bruit avec le confinement

PARIS (Reuters) - Ciel non strié par le passage des avions, boulevards presque déserts même aux heures de pointes, parcs fermés livrés aux chants des oiseaux : l’amélioration de la qualité de l’air et de l’environnement sonore sont à mettre au rang des bienfaits du confinement qui retient les Franciliens chez eux depuis trois semaines.

Ciel non strié par le passage des avions, boulevards presque déserts même aux heures de pointes, parcs fermés livrés aux chants des oiseaux : l'amélioration de la qualité de l'air et de l'environnement sonore sont à mettre au rang des bienfaits du confinement qui retient les Franciliens chez eux depuis trois semaines. /Photo prise le 1er avril 2020/REUTERS/Pascal Rossignol

Depuis le 17 mars, les cartes des organismes de mesure de la pollution en région parisienne sont au vert.

Malgré le beau temps sans vent, souvent synonyme d’air vicié dans l’agglomération, la qualité de l’air s’est améliorée de l’ordre de 20% à 30%, selon les mesures d’Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de France, où vit un Français sur cinq.

Le niveau des particules fines a en revanche peu évolué en raison de l’utilisation du chauffage résidentiel au bois et de certaines activités agricoles et économiques.

“Si on avait eu le trafic habituel, on aurait peut-être eu un épisode de pollution. L’un dans l’autre, on a vraiment une amélioration de la qualité de l’air, y compris pour des polluants responsables du réchauffement climatique comme le dioxyde de carbone”, a dit à Reuters Karine Léger, directrice générale chez Airparif.

Une situation exceptionnelle qui pourrait avoir des effets bénéfiques pour la santé dans un pays où 40.000 personnes meurent chaque année de maladies liées à la pollution de l’air, qui affecte principalement les personnes ayant des problèmes cardiovasculaires et respiratoires - des profils également plus sensibles aux méfaits du coronavirus.

La diminution drastique du trafic routier et aérien, la fermeture des établissements scolaires, des bars, des restaurants et de tous les lieux de regroupement ont aussi une forte incidence sur la pollution sonore, comme l’ont mesuré les 150 capteurs de Bruitparif.

“ON SE CROIRAIT AU MOIS D’AOÛT”

“Le contraste avec la situation habituelle est saisissant : les zones de calme ont fortement progressé et les zones considérées comme des situations de bruit excessif ont quasiment disparu, notamment la nuit”, note l’association dans un communiqué publié mercredi.

Sur les axes parisiens comme les grands boulevards, la baisse est de 6 à 9 décibels, soit “une diminution des émissions sonores de l’ordre de 70 à 90%, notamment la nuit”, a expliqué à Reuters Matthieu Sineau, chef de projet à Bruitparif. “On est dans une situation exceptionnelle. Dans le malheur, les gens se rendent compte de l’intérêt d’avoir un environnement sonore de meilleure qualité.”

Le changement est total aux abords des aéroports de la capitale. A Roissy-Charles-de-Gaulle, les pistes Sud ont été fermées au début du confinement. Orly est quant à lui fermé aux vols commerciaux depuis mardi soir, du jamais vu dans l’histoire du deuxième aéroport de France.

Pour les riverains, “c’est un changement de vie : passer, aux heures de pointes, du passage d’un avion quasiment toutes les deux minutes à aucun avion de la journée”, note Matthieu Sineau. “C’est une redécouverte totale de leur environnement même si évidemment, ils auraient préféré qu’il n’y ait pas de confinement et pas d’épidémie.”

Bruitparif n’est en revanche pas apte à mesurer les nuisances sonores domestiques à l’heure où les familles sont bloquées chez elles, souvent dans de petites surfaces. Et ce même si un million de Franciliens, soit 17% de la population, auraient quitté la région avant le début du confinement, selon des données de géolocalisation collectées par l’opérateur Orange.

Dans Paris intra muros, des canards ont été vus sur des axes d’ordinaire très fréquentés comme l’avenue de l’Opéra et le boulevard de Magenta, signe que les animaux ont eux aussi ressenti un répit.

“C’est silencieux, on entend le bruit des oiseaux, il n’y a pas beaucoup de voitures”, a dit à Reuters Mehdi Thorin, Parisien brièvement sorti faire des courses dans son quartier du XVIIIe arrondissement. “Moi j’aime bien Paris sans personne, on se croirait au mois d’août et c’est agréable.”

Le jeune homme n’envisage pas pour autant une révolution des comportements, une fois le confinement terminé : “Les gens vont reprendre leurs habitudes, reprendre leur voiture, ça va redevenir comme avant.”

Elizabeth Pineau et Noémie Olive

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