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Coronavirus: La France restera confinée au moins jusqu'au 15 avril

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé vendredi la prolongation du confinement obligatoire de deux semaines, soit jusqu’au 15 avril, et prévenu que la situation allait être “difficile” dans les prochains jours, l’épidémie de coronavirus risquant de mettre à saturation les hôpitaux d’Ile-de-France dans les deux prochains jours.

Le Premier ministre Edouard Philippe (photo) a annoncé vendredi la prolongation du confinement obligatoire de deux semaines, soit jusqu'au 15 avril, et prévenu que la situation allait être "difficile" dans les prochains jours, l'épidémie de coronavirus risquant de mettre à saturation les hôpitaux d'Ile-de-France dans les deux prochains jours. /Photo prise le 27 mars 2020/Bertrand Guay

“Il est clair que nous ne sommes qu’au début de la vague épidémique” qui a “submergé le Grand-Est” et qui arrive désormais en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, a déclaré le chef du gouvernement à l’issue d’un conseil des ministres à l’Elysée, le deuxième en une semaine.

“C’est pourquoi, avec l’accord du président de la République, j’annonce aujourd’hui le renouvellement de la période de confinement pour deux semaines supplémentaires à compter de mardi prochain, soit jusqu’au mercredi 15 avril”, a-t-il ajouté.

Un nouveau prolongement pourra être décidé “si et seulement si la situation sanitaire” l’exigeait, a-t-il précisé, quelques heures après avoir prédit une “situation difficile dans les jours qui viennent.”

Onze jours après le début du confinement obligatoire, le virus continue de se propager et de faire des victimes en France - où selon le dernier bilan officiel près de 1.700 personnes sont mortes et 29.155 contaminées - et de peser sur des structures hospitalières au bord de la rupture.

Après la région Grand-Est, particulièrement frappée par l’épidémie et où un hôpital militaire de campagne a été mis en place pour soulager les structures existantes, c’est désormais vers la région d’Ile-de-France, avec 8.762 patients dont 1.297 en réanimation et 483 décès, que se tournent tous les regards.

La capacité d’accueil des hôpitaux d’Ile-de-France atteindra ses limites “sous 24h, 48h”, a estimé vendredi matin Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui a lancé un appel à la solidarité nationale.

“Il va falloir aider l’Ile-de-France très clairement parce que ce qui est arrivé au Grand-Est arrive en Ile-de-France et on est aujourd’hui à la limite des capacités, 24 heures, 48 heures”, a-t-il déclaré sur BFM TV-RMC. “Il va falloir faire preuve d’extrême solidarité entre les régions, entre les hôpitaux, multiplier les opérations de transfert de patients.”

“CATASTROPHES”

“Si on laisse chaque hôpital se débrouiller tout seul, chaque territoire pris par l’épidémie se débrouiller tout seul, on va vers des catastrophes et ce serait inenvisageable”, a-t-il ajouté.

Dans l’est de la France, une première évacuation de malades s’est déroulée jeudi via un “TGV médicalisé” pour acheminer les patients vers des hôpitaux moins saturés situés entre autres à Angers, Le Mans, Nantes ou encore la Roche-sur-Yon. Une nouvelle évacuation par les airs est prévue ce vendredi.

L’inquiétude est montée d’un cran avec l’annonce jeudi soir de la mort d’une adolescente de 16 ans en région parisienne, une information jugée “importante” par le directeur de général de la Santé, Jérôme Salomon, qui a souligné cependant que les “formes sévères chez les sujets jeunes” étaient “extrêmement rares”.

Concernant la situation dans les maisons de retraite, l’exécutif s’est engagé à ce qu’un système de remontées du nombre de décès et de cas soit mis rapidement en place, le bilan quotidien ne faisant état que de la situation dans les hôpitaux.

A ce jour et depuis le 17 mars, plus de 225.000 amendes ont été infligées par les forces de l’ordre pour non-respect des mesures de confinement obligatoire, selon le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui s’est également alarmé jeudi soir sur France 2 d’une hausse des violences conjugales depuis le début du confinement obligatoire.

avec Henri-Pierre André, édité par Marc Angrand

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