January 13, 2020 / 6:20 PM / 6 months ago

Retraites: La mobilisation s'érode, les partenaires sociaux divisés avant la conférence

PARIS (Reuters) - L’exécutif, qui a rallié la CFDT et l’Unsa en suspendant du projet de réforme des retraites la mesure financière de “l’âge pivot”, table sur un essoufflement du mouvement social, qui en était lundi à son 40e jour, malgré les appels à la résistance de la CGT et FO, soutenus par l’opposition de gauche.

Manifestants à Paris ce week-end. L'exécutif, qui a rallié la CFDT et l'Unsa en suspendant du projet de réforme des retraites la mesure financière de "l'âge pivot", table sur un essoufflement du mouvement social, qui en était lundi à son 40e jour, malgré les appels à la résistance de la CGT et FO, soutenus par l'opposition de gauche. /Photo prise le 11 janvier 2020/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Le taux de grévistes à la SNCF était lundi de 4,3%, dont 22,5% de conducteurs, le niveau le plus bas depuis le début des grèves le 5 décembre.

“Il y a une amélioration substantielle des transports en commun (...). On a une mobilisation qui décroît de façon régulière. C’est aussi le fruit des garanties apportées par le gouvernement à la CFDT et l’Unsa”, a déclaré le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, sur France 2.

Selon la direction de la SNCF, le trafic s’améliorera encore mardi, journée d’actions interprofessionnelle à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-CFE-CGC, avant de nouvelles mobilisations mercredi et jeudi. La SNCF annonce neuf TGV sur dix, trois TER sur quatre en moyenne, sept Transilien sur dix et un Intercités sur deux.

La RATP annonce un trafic perturbé mardi. Toutes les lignes de métro seront ouvertes mais certaines partiellement : les lignes 1, 2 et 14 fonctionneront sur les plages horaires habituelles, les lignes 3bis, 8, 10 et 11 seront ouvertes en continu en journée et huit lignes fonctionneront pendant les heures de pointe. Pour les RER A et B, un train sur deux est prévu.

“RETRAIT, RETRAIT, RETRAIT!”

L’Unsa-RATP, majoritaire dans les transports parisiens, appelle à poursuivre le mouvement, estimant a contrario du secrétaire général de la confédération Laurent Escure que le retrait de “l’âge pivot” consenti samedi par le Premier ministre est “une mise en scène” et un “leurre”.

“A l’UNSA, on n’est ni au RPR ni au Parti communiste des années 1970, personne n’appuie sur un bouton pour que les gens se mettent au garde-à-vous”, a déclaré Laurent Escure sur CNEWS, espérant une réponse de la base “dans les jours qui viennent”.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s’est rendu lundi avec Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, notamment, au dépôt de bus RATP de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour exprimer son soutien aux grévistes.

“Un seul mot d’ordre : retrait, retrait, retrait!”, a-t-il lancé. “Dès cette semaine, c’est mobilisation partout, dans toutes les entreprises, dans tous les services. Il y a besoin de généraliser les grèves partout.”

“Nous refusons l’enfumage que nous a produit le Premier ministre”, a-t-il poursuivi, tandis que Jean-Luc Mélenchon soulignait la “souffrance méprisée” des grévistes.

“40 jours de grève, c’est terrible dans une famille à l’heure de la paye”, a-t-il dit, voyant dans le futur système de retraites par points un cheval de Troie de “la retraite par capitalisation”.

“On va nous demander de voter à l’Assemblée nationale pour la première fois dans notre histoire une loi avec des trous!”, a-t-il dit.

“QUE CHACUN Y METTE DU SIEN”

La conférence de financement qui doit s’ouvrir fin janvier jusqu’à fin avril pour proposer des mesures alternatives à l’âge pivot de 64 ans pour atteindre l’équilibre financier en 2027 verra ses conclusions transcrites dans le projet de loi réformant le système des retraites avant son vote en seconde lecture. En l’absence d’accord, l’option gouvernementale sera imposée par ordonnance.

“Il va falloir que chacun y mette du sien”, a déclaré Laurent Berger sur RTL. “Rien ne dit qu’on ne peut pas s’entendre avec les organisations patronales sur le sujet” de la pénibilité, a notamment avancé le patron de la CFDT alors que le Medef, qui plaide pour une mesure d’âge, exclut une modulation en fonction de la pénibilité des métiers.

“Il y a une responsabilité des employeurs, il faudra regarder quelle est leur part de contribution”, a dit Laurent Berger.

“Que l’on discute des modalités de cette mesure d’âge, que l’on essaie de trouver quelque chose qui soit plus juste en fonction de la durée de carrière, des métiers, pourquoi pas, du moment que ça boucle financièrement”, a jugé le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, sur franceinfo.

Selon les calculs gouvernementaux, le déficit du régime de retraites sera de 10 milliards d’euros en 2025 et de 12 milliards en 2027.

Dans sa lettre samedi aux partenaires sociaux, le Premier ministre complique singulièrement leur tâche en disposant que les futures mesures financières “ne devront entraîner ni baisse des pensions (...) ni hausse du coût du travail”.

Sophie Louet, édité par Henri-Pierre André

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