January 8, 2020 / 5:44 AM / 18 days ago

L'Iran vise les forces US en Irak après la mort de Soleimani

BAGDAD/WASHINGTON/DUBAI (Reuters) - L’Iran a tiré des missiles dans la nuit de mardi à mercredi contre des bases militaires abritant des troupes américaines en Irak en représailles à l’assassinat ciblé du général Qassem Soleimani par les Etats-Unis, faisant craindre une escalade jusqu’à une guerre ouverte dans la région.

Des habitants regardent un cratère causé par un missile lancé par l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi. L'Iran a tiré des missiles contre des bases militaires abritant des troupes américaines en Irak en représailles à l'assassinat ciblé du général Qassem Soleimani par les Etats-Unis, faisant craindre une escalade jusqu'à une guerre ouverte dans la région. /Photo prise le 8 janvier 2020/REUTERS/Ari Jalal

Une quinzaine de missiles balistiques d’après la télévision iranienne, une dizaine selon l’armée américaine, ont été tirés aux alentours de 01h30 heure locale depuis le territoire iranien contre au moins deux bases militaires irakiennes abritant des forces de la coalition emmenée par les Etats-Unis.

Selon le Pentagone, ces missiles se sont abattus sur la base aérienne d’Al Assad, dans l’ouest du pays, et une autre installation à Erbil, dans le nord, où sont déployés une partie des 5.000 soldats américains dans le cadre de la lutte contre l’Etat islamique et d’une mission de formation des forces locales.

“Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre le personnel américain, nos partenaires et alliés dans la région”, a prévenu le département américain de la Défense dans un communiqué.

Ces raids n’ont fait aucune victime dans les rangs irakiens, a fait savoir l’armée irakienne. La télévision d’Etat iranienne a de son côté parlé de 80 “terroristes américains” tués et de dégâts infligés à hélicoptères américains, sans toutefois préciser d’où elle tenait cette information.

A Washington, le président américain Donald Trump a fait savoir que l’évaluation des dégâts et du nombre de victimes était en cours. “Tout va bien!”, a-t-il assuré via Twitter, précisant qu’il s’exprimerait dans la journée.

Quelques heures auparavant, le secrétaire américain à la Défense, Mike Esper, avait affirmé à la chaîne CNN que les Etats-Unis ne cherchaient pas “à commencer une guerre avec l’Iran mais (étaient) prêts à en finir une”.

“GIFLE EN PLEIN VISAGE”

A Téhéran, les Gardiens de la révolution ont confirmé avoir tiré des roquettes pour venger la mort du général Qassem Soleimani, enterré mardi en Iran après avoir été tué vendredi dernier par l’armée américaine à Bagdad, et ont conseillé aux Etats-Unis de retirer leurs troupes de la région afin d’éviter de “nouvelles pertes”.

Dans un communiqué, ils ont également prévenu les alliés de Washington, au premier rang desquels Israël, qu’ils ne devaient pas autoriser d’attaques américaines depuis leur territoire sous peine de représailles. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu qu’Israël répliquerait avec force à toute attaque.

Ces tirs de missiles en direction des forces américaines sont une “gifle en plein visage” des Etats-Unis, a déclaré pour sa part l’ayatollah Ali Khamenei. “Les actions militaires de ce genre ne suffisent pas”, a ajouté le guide suprême iranien, estimant qu’il était nécessaire de “mettre un terme à la présence corrompue des Etats-Unis dans la région”.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, la République islamique a pris “des mesures proportionnées d’autodéfense” en ciblant des bases depuis lesquelles “de lâches attaques armées ont été lancées contre nos citoyens et de hauts représentants”.

“Nous ne cherchons ni l’escalade ni la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression”, a-t-il assuré sur son compte Twitter.

Les heures et les jours qui viennent pourraient être décisifs. Si aucune victime ne venait à être signalée dans les rangs de l’armée américaine et en l’absence de nouvelle riposte iranienne, Washington et Téhéran pourraient disposer d’une fenêtre de tir pour tenter de désamorcer la crise.

En net repli après la diffusion d’informations faisant état des attaques, les marchés financiers en Asie ont effacé une partie de leurs pertes après les messages publiés sur Twitter par Donald Trump et Mohammad Javad Zarif. Les cours du pétrole ont bondi de 5% dans un premier temps de crainte qu’un conflit provoque l’interruption des livraisons de brut, avant de réduire leurs gains.

SURVOL DE L’IRAK ET DE L’IRAN SUSPENDU

Conséquence des tirs iraniens en Irak, l’administration de l’aviation civile américaine (FAA) a annoncé qu’elle interdirait aux compagnies américaines d’utiliser l’espace aérien de l’Irak, de l’Iran et du golfe d’Oman.

Des objets présumés être des missiles sont apperçus dans le ciel nocturne, après que l'Iran ait tiré des missiles sur au moins deux bases aériennes irakiennes accueillant les forces de la coalition dirigée par les États-Unis. L'Iran a lancé dans la nuit de mardi à mercredi une attaque de missiles contre les troupes des Etats-Unis en Irak en représailles à l'assassinat vendredi du général Qassem Soleimani dans une frappe américaine, laissant craindre le déclenchement d'une guerre ouverte dans la région. /Image diffusée le 8 janvier 2020/REUTERS/Iran Press

Air France lui a emboîté le pas en annonçant la suspension de tout survol des espaces aériens de l’Iran et de l’Irak, invoquant une “mesure de précaution”. Plusieurs compagnies asiatiques ont également déclaré qu’elles allaient éviter de survoler la région.

Dans un incident qui semble pour l’heure sans lien avec les attaques, un Boeing 737 de la compagnie Ukraine International Airlines transportant au moins 170 personnes s’est écrasé mercredi peu après son décollage de l’aéroport international de Téhéran.

Au lendemain de l’annonce par l’Otan du retrait d’une partie de ses formateurs présents en Irak par mesure de sécurité, plusieurs pays ont annoncé mercredi un redéploiement de leurs troupes. L’Espagne a notamment décidé de retirer une petite partie de son contingent pour le redéployer au Koweït.

version française Jean Terzian et Marine Pennetier, édité par Bertrand Boucey

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below