December 19, 2019 / 5:52 AM / 3 months ago

USA: Trump mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave au Congrès

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump est devenu mercredi le troisième président des Etats-Unis à être mis en accusation (“impeached”), pour abus de pouvoir et entrave au Congrès, une mesure historique qui va donner lieu à un procès en destitution au Sénat et alimenter les tensions partisanes dans un pays profondément divisé.

Donald Trump est devenu mercredi le troisième président des Etats-Unis à être mis en accusation ("impeached"), pour abus de pouvoir et entrave au Congrès, une mesure historique qui va donner lieu à un procès en destitution au Sénat et alimenter les tensions partisanes dans un pays profondément divisé. /Photo prise le 18 décembre 2019/REUTERS/Leah Millis

La Chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires, a voté en séance plénière à 230 voix pour et 197 contre la mise en accusation de Donald Trump pour abus de pouvoir. Elle a ensuite voté à 229 voix pour et 198 contre la mise en accusation du président républicain pour entrave au Congrès dans l’”affaire ukrainienne”.

Deux démocrates, Collin Peterson et Jeff Van Drew, se sont prononcés contre la mise en accusation de Donald Trump lors de chacun des deux votes.

Un procès devrait être organisé en janvier au Sénat, contrôlé par les républicains, qui continuent de défendre Donald Trump et pourront faire obstacle à la procédure.

Le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait déclaré avant le vote à la Chambre qu’il n’y avait selon lui “aucune chance” que le Sénat destitue Trump.

Jamais, dans l’histoire des Etats-Unis, un président n’a été destitué.

“Cette procédure anarchique et partisane est un suicide politique pour le Parti démocrate”, a déclaré Donald Trump lors d’un meeting de campagne à Battle Creek, au Michigan, alors que le vote était en cours à la Chambre.

“Ils essaient de me destituer depuis le premier jour. Ils ont essayé de me destituer avant même que je ne me présente” à l’élection présidentielle de 2016, a-t-il ajouté.

Donald Trump, qui ambitionne d’être réélu en novembre prochain à la présidence américaine, rejette toute malversation. Il dénonce une “tentative de putsch” de la part des démocrates, les accusant de vouloir effacer sa victoire.

“TRAGIQUE”

Les démocrates accusent Donald Trump d’avoir cherché à faire pression sur son homologue ukrainien, Volodimir Zelenski, afin que Kiev ouvre une enquête sur les activités en Ukraine du fils de Joe Biden et sur Joe Biden lui-même, le potentiel adversaire démocrate de Trump lors de la présidentielle de novembre 2020.

Ils lui reprochent aussi d’avoir entravé leur enquête en bloquant la transmission de documents et les témoignages de ses principaux conseillers mais aussi via des tentatives vaines d’empêcher d’autres dépositions et d’intimider des témoins.

“Le président Trump a abusé de son pouvoir, violé son serment et trahi notre nation”, a déclaré Joe Biden sur Twitter, soulignant que personne, “pas même le président”, n’était au-dessus des lois aux Etats-Unis.

Durant le débat préalable au vote qui s’est prolongé jusque dans la soirée, la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré qu’il s’agissait de “défendre la démocratie pour le peuple”.

“Si nous n’agissions pas maintenant, nous serions indignes de notre fonction. Il est tragique que les agissements imprudents du président aient rendu l’impeachment indispensable”, a-t-elle dit.

Les élus républicains ont accusé les démocrates de tenter de se servir d’une procédure inéquitable et truquée pour annuler le résultat de la présidentielle de 2016.

“La question présentée devant la Chambre aujourd’hui est fondée uniquement sur une haine profonde à l’égard de notre président. C’est une mascarade, une chasse aux sorcières, l’équivalent d’un putsch contre le président dûment élu des Etats-Unis”, a déclaré le républicain Mike Rogers.

TRUMP “CONFIANT” QU’IL SERA EXONÉRÉ

Donald Trump est “prêt pour les prochaines étapes et confiant qu’il sera complètement exonéré” lors du procès au Sénat, a déclaré la porte-parole de la Maison blanche dans un communiqué.

Les républicains, majoritaires au Sénat avec 53 sièges, pourront faire obstacle à la procédure, d’autant qu’une majorité qualifiée des deux tiers y est nécessaire pour destituer un président.

Il faudrait en effet que 20 d’entre eux joignent leur voix à celles des 45 sénateurs démocrates et des deux indépendants pour que Trump soit évincé de la Maison blanche.

La victoire de Donald Trump en 2016 a polarisé les Etats-Unis, rendant plus difficile pour les politiciens de Washington la quête de compromis sur des questions essentielles telles que l’influence grandissante de la Chine et le changement climatique.

Des enquêtes d’opinion réalisées par Reuters/Ipsos montrent que la plupart des démocrates souhaitent la destitution de Donald Trump, tandis que la majorité des républicains y sont opposés.

Les auditions télévisées menées le mois dernier par la Chambre des représentants, qui avaient pour but de rassembler l’opinion derrière la procédure de destitution, a accentué les divisions dans le pays.

Par deux fois dans l’histoire américaine, la Chambre des représentants s’est prononcée en faveur de l’impeachment d’un président - Andrew Johnson après la Guerre de sécession et Bill Clinton en 1998 - mais, dans les deux cas, le Sénat ne l’a pas reconnu coupable.

Richard Nixon a pour sa part démissionné en 1974, en plein scandale du “Watergate”, avant le vote en séance plénière à la Chambre des représentants.

version française Jean Terzian

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below