December 11, 2019 / 3:42 PM / 8 months ago

La CE propose un "pacte vert" pour atteindre la neutralité carbone en 2050

BRUXELLES (Reuters) - La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a donné mercredi le coup d’envoi de son “pacte vert” pour lutter contre le changement climatique, qui suscite déjà des réserves en Europe orientale.

La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (photo), a donné mercredi le coup d'envoi de son "pacte vert" pour lutter contre le changement climatique, qui suscite déjà des réserves en Europe orientale. /Photo prise le 11 décembre 2019/François Lenoir

    Ce pacte, premier chantier de sa présidence présenté à la veille d’un Conseil européen, définit la marche à suivre pour faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici à 2050.

Le projet doit être débattu jeudi à Bruxelles par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, mais la Pologne, la Hongrie et la République tchèque l’ont d’ores et déjà contesté, selon des diplomates et des documents consultés par Reuters.

    “Nous sommes aujourd’hui au début d’un voyage (...) C’est un peu notre ‘premier homme sur la Lune’,” a déclaré Ursula von der Leyen, s’adressant à la presse avant de présenter son projet au Parlement européen.

“Le pacte vert européen est très ambitieux, mais ses conséquences et celles de chacune des mesures que nous prendrons seront évaluées avec soin”, a-t-elle assuré.

Son équipe présentera en mars la première “législation européenne sur le climat” pour inscrire l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 dans la loi.

Elle proposera par ailleurs au cours du premier semestre 2020 de porter l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à 50% “au moins” d’ici 2030, alors qu’il est actuellement de 40%.

La Commission recommande la mise en place d’un “mécanisme de transition juste” doté de 35 milliards d’euros pour soutenir “les régions qui dépendent tout particulièrement d’activités à très forte intensité de carbone”.

“Le pacte vert pour l’Europe est notre nouvelle stratégie de croissance, pour une croissance qui donne plus qu’elle ne prend. Il décrit comment transformer notre mode de vie et notre façon de travailler, de produire et de consommer afin de vivre en meilleure santé et de rendre nos entreprises innovantes”, explique sa présidente dans un communiqué.

“L’UE SE RÉVEILLE ENFIN”

Ursula von der Leyen table sur 100 milliards d’euros d’investissements pour aider les Etats membres à renoncer aux énergies fossiles. Elle propose en outre d’instaurer une taxe carbone pour les importations polluantes.

“Enfin, l’UE se réveille face aux inquiétudes croissantes du public concernant l’urgence planétaire”, a commenté Jagoda Munić, directrice pour l’Europe des Amis de la Terre.

    “Les promesses sont toutefois trop peu nombreuses et trop limitées. Nous allons droit vers la catastrophe écologique et climatique et la Commission européenne change doucement de vitesse, alors qu’il faudrait freiner des quatre fers”, a-t-elle ajouté.

“Alors que la crise climatique s’accélère, la Commission européenne s’embourbe dans une course de lenteur. Les objectifs retenus sont incompatibles avec les dernières recommandations scientifiques”, a quant à lui jugé Clément Sénéchal, chargé de campagne Climat à Greenpeace France, dans un communiqué.

    L’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 sera l’un des points les plus délicats du Conseil européen de jeudi et vendredi. Tous les Etats membres y adhèrent, à l’exception de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie.

    “La République tchèque veut également atteindre la neutralité carbone, mais nous n’y parviendrons pas sans le nucléaire. L’UE doit reconnaître le nucléaire comme source d’énergie sans émission. Qui plus est, le coût de la neutralité carbone sera énorme”, écrit le Premier ministre tchèque Andrej Babis sur Twitter.

Les Etats membres ont par ailleurs rejeté mercredi un accord de compromis trouvé entre la présidence finlandaise de l’UE et le Parlement européen sur une classification des produits financiers “verts” et “durables”, un marché évalué à 180 milliards d’euros.

Avec Francesco Guarascio, version française Jean-Philippe Lefief

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