December 2, 2019 / 12:47 PM / 7 days ago

Une situation plus critique qu'en 1995, dit Laurent Berger

PARIS (Reuters) - A quelques jours d’un mouvement de contestation contre la réforme des retraites, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger regrette que le gouvernement ait laissé par ses ambiguïtés la situation se dégrader dans un contexte social plus éruptif encore, selon lui, qu’en 1995.

A quelques jours d'un mouvement de contestation contre la réforme des retraites, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger regrette que le gouvernement ait laissé par ses ambiguïtés la situation se dégrader dans un contexte social plus éruptif encore, selon lui, qu'en 1995. /Photo prise le 29 novembre 2019/REUTERS/Charles Platiau

“Aujourd’hui il faut prendre conscience de ce qu’il va se passer”, dit-il dans un entretien à Reuters, à l’approche des grèves et manifestations du 5 décembre à l’appel de la CGT, FO, Solidaires, FSU et les syndicats étudiants, notamment.

“On va vivre une forme d’affrontement assez puissant sur une réforme (...) qui n’est encore inscrite nulle part”, explique-t-il en soulignant que cette confrontation est “entretenue pour une part par le gouvernement qui aurait eu les moyens de déminer les choses”.

Le dirigeant de la CFDT, syndicat passé numéro un dans le secteur privé en 2017, déplore que le gouvernement attende “le 9 ou le 10 décembre” pour présenter les orientations retenues pour son projet plutôt que de les dévoiler en amont.

Cette stratégie a poussé la CFDT-Cheminots à déposer un préavis de grève à l’issue de sa dernière rencontre avec le secrétaire d’Etat aux Transports.

Pour Laurent Berger, des parallèles se dessinent avec les grandes grèves de 1995, mouvement qui s’était soldé par le retrait du projet de réforme des retraites d’alors.

Il juge que le juppéiste Edouard Philippe, tout comme son mentor en 1995, court “deux lièvres à la fois” en visant une réforme financière pour résorber le déficit du régime à l’horizon 2025, avant la mise en place d’un régime universel par points.

La différence, dit-il, “c’est que l’état du pays n’est pas le même”.

“En termes de tensions, de cohésion sociale, de sécessions qui existent au sein de la société, c’est beaucoup plus fort.”

“On ne peut pas parler d’un sujet sans que ça commence à s’hystériser. (...) C’est caractéristique d’un pays qui ne va pas bien où l’on estime que celui qui ne pense pas comme soi et un ennemi”, poursuit-il, précisant que cela encourage des logiques d’affrontements non maîtrisées.

Trouver des solutions nécessiterait “de sortir des slogans, de sortir des postures, et puis de faire le pas qui va bien”, autant pour le gouvernement que pour le patronat, ce qu’ils ne sont pas en capacité de faire pour l’instant, considère Laurent Berger.

Le Premier ministre Edouard Philippe a légèrement infléchi sa position mercredi dernier sur la question du déficit, indiquant qu’une “place déterminante” serait accordée aux partenaires sociaux dans la gouvernance du futur système pour décider de ses finances.

Il a tout de même réitéré que la réforme systémique ne pourrait se faire avec un tel besoin de financement.

Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit du régime de retraites s’établirait entre 0,3% et 0,7% du PIB en 2025, soit 7,9 à 17,2 milliards d’euros.

Edité par Sophie Louet

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