November 23, 2019 / 3:51 PM / 12 days ago

Forte mobilisation contre les violences faites aux femmes

PARIS (Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris et dans d’autres villes de France contre les violences faites aux femmes, un phénomène mis en lumière par une multitude de faits divers et par un “Grenelle” dont le gouvernement dévoilera les conclusions la semaine prochaine.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris et dans d'autres villes de France contre les violences faites aux femmes, un phénomène mis en lumière par une multitude de faits divers et par un "Grenelle" dont le gouvernement dévoilera les conclusions la semaine prochaine. /Photo prise le 23 novembre 2019/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Le collectif Nous Toutes a évalué à 150.000 le nombre de manifestants dans tout le pays, dont 100.000 à Paris, où la préfecture de police a compté pour sa part 35.000 personnes.

Des défilés ont aussi eu lieu à Lille, Strasbourg, Toulouse et Montpellier, notamment.

Au moins 137 femmes sont mortes depuis le début de l’année sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, selon le décompte d’un collectif qui recense les féminicides.

A Paris, le cortège, rassemblant une majorité de femmes mais aussi de nombreux hommes, s’est étiré entre la place de l’Opéra et celle de la Nation.

“Il est temps que tout le monde se lève, se réveille, se montre”, jugeait Marie, une manifestante de 46 ans, venue entre autres pour “sensibiliser” son fils de 10 ans, présent à ses côtés. “Je n’attends pas grand-chose du gouvernement là-dessus, pour moi le salut est dans l’éducation.”

“On ne peut pas continuer à accepter qu’aujourd’hui, en toute impunité, des femmes se fassent assassiner”, selon Karine Plassard, militante à Nous Toutes.

Plusieurs personnalités - les actrices Julie Gayet, Alexandra Lamy, Laetitia Casta et Muriel Robin notamment - ont défilé en tête du cortège.

“ANNONCES FORTES”

“Stop féminicides”, “pas une de plus”, “Etat coupable”, “justice complice”, pouvait-on lire sur les banderoles brandies dans la foule où résonnaient des slogans tels que “à bas le patriarcat” ou “solidarité avec les femmes du monde entier”.

Le gouvernement, que certaines associations accusent d’inertie sur le sujet, doit présenter lundi le bilan de son “Grenelle des violences conjugales”, une concertation longue de trois mois, avec de nouvelles mesures à la clef.

Dans un message publié sur Twitter, Emmanuel Macron “adresse (s)on soutien à chaque femme qui a vécu des violences sexistes ou sexuelles (...) Besoin de l’engagement de chacun(e) pour #NeRienLaisserPasser”, ajoute le président.

Dans une tribune au Parisien-Aujourd’hui en France, la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, et les ministres de la Justice et de l’Intérieur, Nicole Belloubet et Christophe Castaner, prédisent des “annonces fortes”.

Il évoquent une meilleure formation des policiers, gendarmes et magistrats, l’éventualité de “s’affranchir du secret médical afin de pouvoir signaler les violences et accompagner les victimes”, et la mise en place d’un bracelet électronique “anti-rapprochement”.

Dans un rapport publié mardi, un groupe d’experts du Conseil de l’Europe a déploré une réponse pénale “insuffisante” des autorités françaises ainsi qu’un manque de places d’hébergements dévolues aux femmes victimes.

Simon Carraud et Elizabeth Pineau avec Michaela Cabrera

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