October 20, 2019 / 11:19 AM / 25 days ago

Nouvelles manifestations au Liban, le gouvernement joue l'apaisement

BEYROUTH (Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues du Liban samedi, pour une troisième journée consécutive, pour exprimer leur colère à l’encontre d’une élite politique qu’ils accusent d’avoir poussé le pays au bord du gouffre économique.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues du Liban samedi, pour une troisième journée consécutive, pour exprimer leur colère à l'encontre d'une élite politique qu'ils accusent d'avoir poussé le pays au bord du gouffre économique. /Photo prise le 19 octobre 2019/REUTERS/Mohamed Azakir

Dans la capitale Beyrouth, l’ambiance était à la fois brûlante et festive. Des manifestants de tous âges, agitant des drapeaux, ont appelé de leurs chants à la révolution devant des commerces et des banques dont les vitrines avaient été détruites lors des heurts de la veille.

Ce mouvement de contestation - le plus important depuis des décennies au Liban - a été provoqué par la hausse du coût de la vie et l’annonce de nouveaux impôts, notamment la création d’une taxe sur les appels passés par l’application WhatsApp - mesure sur laquelle le gouvernement est revenu face aux protestations.

Dans l’espoir de calmer la contestation, le ministre des Finances a annoncé, au sortir d’une réunion avec le Premier ministre sunnite Saad Hariri, avoir convenu d’un budget final qui ne prévoyait pas d’impôts ou cotisations supplémentaires.

Le président chrétien Michel Aoun a déclaré sur Twitter qu’il y aurait une “solution réconfortante” à la crise économique.

La pression s’est accentuée sur Hariri samedi soir lorsque le chef de file des chrétiens maronites, Samir Geagea, a annoncé que les quatre ministres issus de son parti Forces libanaises allaient démissionner et a appelé à la formation d’un nouveau gouvernement. “Nous sommes arrivés à la conclusion que ce gouvernement est impuissant pour prendre les mesures nécessaires pour sauver le pays de conditions financières et économiques qui empirent”, a-t-il dit lors d’une allocution télévisée.

Fait rare, la colère des Libanais vise à l’unisson l’ensemble des dirigeants politiques, quelle que soit leur confession.

Vendredi, Saad Hariri a donné 72 heures à ses “partenaires de gouvernement” pour montrer leur volonté de sortir du blocage actuel, laissant entendre qu’il pourrait sinon démissionner.

Dans une allocution télévisée samedi, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a indiqué que le puissant mouvement chiite ne soutenait pas l’idée d’une démission du gouvernement et a appelé chacun “à prendre ses responsabilités”.

“Si nous ne travaillons pas à une solution, nous nous dirigerons vers un effondrement du pays, ce sera la faillite et notre monnaie n’aura plus aucune valeur”, a-t-il mis en garde. “Le second danger, c’est une explosion populaire qui résulterait de notre mauvaise gestion de la situation”.

Nasrallah a prévenu que le Hezbollah ne permettrait pas la chute du président Aoun, dont il a soutenu l’accession au pouvoir.

Dans le Sud-Liban, des hommes armés du mouvement chiite Amal fidèles au président du Parlement Nabih Berri ont attaqué des manifestants qui avaient bloqué des routes et déchiré des affiches à l’effigie de Berri, accusant celui-ci d’être corrompu. Ces hommes armés ont empêché des équipes de télévision de filmer les manifestations.

Selon des sources gouvernementales, un conseil des ministres pourrait être organisé en urgence dimanche pour tenter de trouver une issue à la crise.

Laila Bassam, Suleiman Al Khalidi, Eric Knecht et Imad Creidi; Marine Pennetier et Jean Terzian pour le service français

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