October 11, 2019 / 11:04 AM / a month ago

Après l'échec Goulard, Macron accusé d'aveuglement et d'arrogance

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron faisait l’objet vendredi d’un procès en arrogance et en aveuglement de la part des oppositions françaises, qui s’inquiètent d’une marginalisation de la France sur la scène européenne après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard, un camouflet sans précédent pour Paris.

Emmanuel Macron faisait l'objet vendredi d'un procès en arrogance et en aveuglement de la part des oppositions françaises, qui s'inquiètent d'une marginalisation de la France sur la scène européenne après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard, un camouflet sans précédent pour Paris. /Photo prise le 10 octobre 2019/REUTERS/Charles Platiau

Le président français a dit son incompréhension jeudi après l’invalidation de son ancienne ministre des Armées, rejetant en partie la faute sur la présidente élue de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, qui l’aurait assuré du soutien des groupes du Parlement européen.

Il a en outre accusé les eurodéputés de “petitesse” et de “ressentiment”, affirmant que Sylvie Goulard, candidate au portefeuille stratégique du Marché intérieure, avait été la victime d’”un jeu politique”. Tous les groupes ont voté contre elle, sauf les macronistes et alliés de “Renew Europe”.

“Il n’y a eu aucun règlement de compte ni de tactique politicienne”, a répliqué vendredi sur LCI l’élu du PPE (Les Républicains) François-Xavier Bellamy.

“Ce n’est pas une sanction, nous ne sommes pas des juges. Quand vous avez à répondre à deux enquêtes, il est difficile de débuter un mandat”, a-t-il ajouté à propos des soupçons judiciaires pesant sur Sylvie Goulard.

Pour François-Xavier Bellamy, Emmanuel Macron a eu une “manière inélégante” de “renvoyer la faute sur les présidents de groupe”. Le PPE et les autres groupes invitaient vendredi le président français à “plus d’humilité politique”.

“DÉNI DE RÉALITÉ”

La secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, leur reproche “une crise institutionnelle majeure”. “Parce que sans commissaire français, la Commission (qui doit entrer en fonction le 1er novembre-NDLR), ne peut pas se mettre en route”, a-t-elle plaidé sur France Inter.

Emmanuel Macron doit s’entretenir avec Ursula Von Der Leyen des suites de cette situation inédite. “Nous ne renoncerons pas à nos ambitions et à notre projet”, a dit Amélie de Montchalin.

L’ancienne ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau, qui siège aujourd’hui au Parlement européen, a renouvelé vendredi ses attaques, sur France 2, contre ses opposants au Parlement, accusés d’avoir la défaite mauvaise et d’occulter les intérêts européens sous de la “basse politique”.

“Fascinant de constater l’incapacité de cet exécutif à analyser avec un minimum d’objectivité et à tirer les leçons d’un échec manifeste, en s’enferrant dans une arrogance et un déni de réalité”, a réagi Arnaud Danjean (LR-PPE) sur Twitter.

David Cormand, eurodéputé EELV, juge lui aussi problématique la défense d’Emmanuel Macron. “Soit il n’a vraiment pas compris et là il y a un problème grave, soit il fait semblant de ne pas comprendre”, a-t-il déclaré sur RFI, fustigeant le “sentiment de toute puissance” français.

“Les macronistes sont arrivés au Parlement européen en pensant qu’ils allaient tout révolutionner, tout bousculer, et aujourd’hui ils en sortent très affaiblis”, a estimé pour sa part sur Radio Classique l’eurodéputé RN Nicolas Bay.

Sophie Louet, édité par Jean-Michel Belot

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