October 2, 2019 / 3:21 PM / 17 days ago

Union: Sylvie Goulard, sur le gril, se veut inébranlable

PARIS (Reuters) - La Française Sylvie Goulard, candidate au poste de commissaire européen au Marché intérieur, s’est défendue mercredi de toute irrégularité face aux députés européens qui l’ont bousculée sur ses démêlés judiciaires et des soupçons de conflit d’intérêts.

La Française Sylvie Goulard (en photo), candidate au poste de commissaire européen au Marché intérieur, s'est défendue mercredi de toute irrégularité face aux députés européens qui l'ont bousculée sur ses démêlés judiciaires et des soupçons de conflit d'intérêts. /Photo prise le 2 octobre 2019/REUTERS/Francois Walschaerts

Durant un grand oral décisif, prévu pour durer trois heures, l’éphémère ministre des Armées d’Emmanuel Macron a répondu avec calme et fermeté aux questions répétées des élus du Parlement européen sur les deux “affaires” qui entachent sa candidature, sans toutefois lever le scepticisme dominant.

L’ancienne députée européenne (2009-2017) reste sous le coup de deux enquêtes - une de la justice française et une de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) - pour l’affaire des emplois présumés fictifs des eurodéputés MoDem, qui l’avait contrainte à démissionner du gouvernement français en juin 2017 après un mois d’exercice.

Les critiques et attaques des députés ont aussi largement porté sur son travail de “consultante”, entre 2013 et janvier 2016, pour l’institut Berggruen, un “think tank” fondé par le milliardaire américano-allemand Nicolas Berggruen, pour plus de 10.000 euros bruts par mois.

“Comment comprendre que ce qui vous a écarté du gouvernement en France ne vous empêche pas d’exercer avec la sérénité et l’indépendance requises des fonctions de commissaire?”, a lancé au début de l’audition l’eurodéputé français François-Xavier Bellamy (PPE). “Vous êtes une vraie vedette, deux emplois à plein temps en étant une seule personne....”, a ironisé pour sa part l’eurodéputée tchèque Kateřina Konečná (GUE/GVN)).

S’agissant de son emploi de consultante, Sylvie Goulard a souligné que “tout [était] déclaré, légal”. “Dans un état de droit, (...) on ne peut pas jeter la suspicion simplement sur le fait qu’une personne a travaillé, a travaillé à promouvoir l’intégration européenne”, a-t-elle fait valoir.

“Est-ce que je pouvais imaginer que ça susciterait un jour autant de problèmes? Je l’avoue non. Je conçois que les sommes soient élevées, elles correspondent aux conditions qui se pratiquent pour ce genre de consultations internationales”, a dit Sylvie Goulard.

Questionnée sur le dossier des emplois fictifs, pour lequel elle a été mise hors de cause par le Parlement européen (après le remboursement de 45.000 euros de salaires), la candidate française a dit respecter “la justice de son pays” et a refusé d’évoquer la perspective d’une éventuelle mise en examen.

“Si je devais être condamnée, ça serait une chose”, a-t-elle toutefois déclaré, avant d’ajouter : “J’espère de tout coeur que je vais en sortir la tête haute.”

Deux candidats, la Roumaine Rovana Plumb et le Hongrois Laszlo Trocsanyi, ont été invalidés lundi par les eurodéputés pour des conflits d’intérêts présumés.

Sylvie Goulard (groupe Renew) doit obtenir deux tiers des voix en vue de sa nomination au sein de la Commission qui entrera en fonction le 1er novembre. Si sa candidature est rejetée, elle devra répondre à des questions écrites supplémentaires, avant une éventuelle seconde audition.

Sophie Louet, édité par Jean-Michel Belot

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