October 1, 2019 / 7:59 AM / 12 days ago

Plus de 5.250 tonnes de produits chimiques détruits dans l'incendie de Rouen

PARIS (Reuters) - Cinq jours après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, les autorités ont annoncé mardi soir que 5.253 tonnes de produits chimiques avaient été détruits dans le sinistre.

Cinq jours après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, les autorités ont annoncé mardi soir que 5.253 tonnes de produits chimiques avaient été détruits dans le sinistre. /Photo prise le 26 septembre 2019/REUTERS/Pascal Rossignol

Aucune fibre d’amiante n’a par ailleurs été détectée dans l’air ou sur les surfaces et 160 fûts d’où pourraient s’échapper du mercaptan ou de l’hydrogène de sulfure sont en passe d’être détruits.

Face au débat, parmi les riverains et dans la classe politique, sur la nécessaire transparence due à une population inquiète, et conformément aux instructions du Premier ministre, la liste et la quantité des produits qui ont brûlé sur ce site industriel classé Seveso ont été rendues publiques mardi soir par la préfecture de Seine-Maritime.

Au total, 5.253 tonnes de produits chimiques ont été détruits dans l’incendie, dont du détergent, des solvants et des additifs multi-usages.

Les autorités ont également dévoilé la nomenclature complète des produits présents dans la fabrique d’additifs pour lubrifiants, précisant leurs caractéristiques et les risques associés, notamment en cas de combustion.

En règle générale, la nature des produits stockés dans les quelque 1.300 sites Seveso français n’est pas destinée à être divulguée en raison du risque terroriste, notamment depuis une tentative d’attentat en 2015 sur un site d’Air Products en Isère.

Mais Edouard Philippe, qui parle désormais d’une “catastrophe industrielle”, a annoncé à l’Assemblée nationale qu’il avait levé cette restriction pour Rouen, où une manifestation s’est déroulée en fin de journée contre l’entreprise Lubrizol et la réponse des pouvoirs publics.

POMPAGES

Une autre interrogation portait sur la toiture des deux hangars qui ont brûlé, et qui contenaient de l’amiante: les mesures menées vendredi matin “sont toutes négatives”, a déclaré lors d’une conférence de presse Patrick Berg, directeur régional de l’environnement et de l’aménagement de la région Normandie.

“On ne détecte aucune fibre d’amiante”, a-t-il dit.

Les autorités concentrent leurs efforts sur 160 fûts de produits endommagés, à proximité des hangars, renfermant un “produit qui lorsqu’il s’échauffe peu produire du mercaptan (un gaz nauséabond utilisé notamment pour ‘marquer’ le gaz de ville, inodore, afin de repérer les fuites-NDLR) ou de l’hydrogène sulfuré”.

“Un protocole d’intervention” est en cours pour traiter et détruire ces fûts, que les experts pourraient être contraints de déplacer.

La nappe d’hydrocarbures, d’huile, de mousse et d’eau qui subsiste sur le site et serait à l’origine de l’odeur incommodante à Rouen et dans son agglomération est en cours de pompage, a dit le préfet Pierre-André Durand. “Les pompages (...) vont se poursuivre dans les jours qui viennent jusqu’à ce que les mauvaises odeurs disparaissent”, a-t-il ajouté, précisant que les 160 fûts sur le millier stocké dans l’usine “participent aux émanations d’odeurs”.

Mardi matin, un autre site Seveso de l’agglomération, la fabrique d’engrais Borealis à Grand Quevilly, avait été mis à l’arrêt à la suite d’un incident électrique. Le plan de prévention des risques a été levé à 12h45, selon la préfecture.

Sophie Louet, édité par Henri-Pierre André

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