September 30, 2019 / 8:17 AM / 18 days ago

La France rend un dernier hommage national au "chaleureux" Chirac

PARIS (Reuters) - Quatre jours après la mort de Jacques Chirac, dignitaires étrangers, dirigeants politiques français et simples citoyens ont rendu hommage lundi au caméléon de la Ve République lors d’une série de cérémonies empreintes d’émotion en mémoire de celui qui fut, pendant un demi-siècle, au coeur de la vie politique française.

Quatre jours après la mort de Jacques Chirac, dignitaires étrangers, dirigeants politiques français et simples citoyens ont rendu hommage lundi au caméléon de la Ve République lors d'une série de cérémonies empreintes d'émotion en mémoire de celui qui fut, pendant un demi-siècle, au coeur de la vie politique française. /Photo prise le 30 septembre 2019/REUTERS/Pascal Rossignol

Après un week-end marqué par un flot continu d’anonymes venus signer des livres d’or à l’Elysée ou se recueillir devant la dépouille de l’ancien président, décédé jeudi à l’âge de 86 ans, une cérémonie familiale privée s’est tenue aux Invalides en début de matinée, suivie par des honneurs funèbres militaires rendus par Emmanuel Macron.

Enveloppé du drapeau tricolore, le cercueil de Jacques Chirac, porté par la garde républicaine, a ensuite quitté la cour au son de la marche funèbre de Chopin pour rejoindre l’église Saint-Sulpice pour un service solennel auquel ont assisté 2.000 invités.

“Il y avait chez notre ancien président, cet homme chaleureux, un véritable amour des gens, aussi à l’aise dans les salons de l’Elysée qu’au salon de l’agriculture”, a déclaré l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, dans son homélie. “Beaucoup en le rencontrant se sentaient considérés. (...) Adieu et merci M. Chirac”, a-t-il ajouté devant un parterre de 800 personnalités étrangères.

Parmi ces dernières, les présidents Vladimir Poutine (Russie) et Denis Sassou-Nguesso (Congo), le Premier ministre Saad Hariri (Liban) - qui n’a pas caché son émotion - le prince Edward, fils de la reine Elisabeth d’Angleterre, ou encore le roi de Jordanie. L’ancien président américain Bill Clinton avait également fait le déplacement pour cet hommage qui a été suivi d’un déjeuner à l’Elysée.

“C’était mon ami (....) notre relation était très personnelle”, a déclaré l’ancien locataire de la Maison blanche (1993-2001) à la presse, insistant sur le rôle joué notamment par Jacques Chirac dans l’intégration de la Russie au G7 et dans la création de l’organisation Unitaid qui vise à réduire le prix des médicaments pour des maladies comme le sida ou la tuberculose. “Il va beaucoup me manquer.”

Côté classe politique française, les anciens présidents François Hollande, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing ont assisté au premier rang à la cérémonie à Saint-Sulpice. La présidente du Rassemblement national (RN, extrême-droite), Marine Le Pen, avait annoncé dimanche qu’elle renonçait à s’y rendre après les réserves exprimées par la famille de l’ancien président.

“MEILLEUR PRÉSIDENT” AVEC DE GAULLE

Dans l’après-midi, Jacques Chirac, qui fut locataire de l’Elysée pendant douze ans (1995-2007), deux fois Premier ministre et trois fois maire de Paris, a été inhumé dans la plus stricte intimité au cimetière du Montparnasse aux côtés de sa fille Laurence, décédée en 2016.

Une minute de silence a été observée à 15h00 dans toutes les administrations et écoles de France où les drapeaux ont été mis en berne. En fin de matinée, le bourdon de la cathédrale Notre-Dame de Paris, fermée depuis l’incendie d’avril, a sonné en mémoire de l’ancien président auquel un dernier hommage sera rendu les 5 et 6 octobre en Corrèze, son fief électoral.

Hussard du gaullisme à la personnalité et aux convictions complexes, Jacques Chirac reste, en France comme à l’international, comme celui qui s’opposa en 2003 à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis.

Au cours de ses deux mandats à l’Elysée, il reconnut entre autres la responsabilité de la France dans la déportation des juifs, refusa tout compromis avec l’extrême-droite et prononça sa célèbre phrase - reprise depuis comme un slogan par de nombreux militants du climat - “notre maison brûle et nous regardons ailleurs”.

Ses détracteurs pointent eux la victoire du “non” au référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne et sa condamnation à deux ans de prison avec sursis dans deux affaires d’emplois fictifs de la mairie de Paris.

Malgré cette condamnation en justice, il avait conservé après son départ de l’Elysée une forte popularité auprès des Français, comme en témoigne un sondage Ifop publié dans le JDD dans lequel il est considéré par 30% des Français comme le meilleur président de la Ve République, à égalité avec le général de Gaulle.

Marine Pennetier, édité par Jean-Michel Bélot

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