March 11, 2019 / 4:51 PM / 5 months ago

Algérie: Juges et responsables religieux font entendre leurs voix

ALGER (Reuters) - Juges et responsables religieux algériens ont fait entendre leurs voix lundi alors que se poursuit la contestation contre la candidature du chef de l’Etat sortant Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat le 18 avril.

Des manifestants contre un 5e mandat de Bouteflika à Alger. Un millier de magistrats algériens ont annoncé qu'ils refuseraient de superviser l'élection présidentielle du 18 avril si le chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika est candidat à un cinquième mandat. /Photo prise le 8 mars 2019/REUTERS/Ramzi Boudina

Un millier de magistrats algériens ont annoncé qu’ils refuseraient de superviser l’élection présidentielle si Bouteflika se présente.

“Nous annonçons notre intention de nous abstenir de superviser le processus électoral contre la volonté du peuple qui est la seule source de pouvoir”, expliquent-ils dans un communiqué.

Les juges annoncent également leur décision de créer une nouvelle association professionnelle afin de défendre la justice.

Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, un proche du président Bouteflika, a pour sa part souligné que les magistrats se devaient de rester impartiaux.

“Un pouvoir judiciaire impartial, à l’abri des tiraillements politiques, et la pluralité des processus et visions constituent le gage de la sécurité et de la stabilité de la nation”, a-t-il dit.

“Le magistrat doit faire preuve d’équité, de loyauté, de probité et de fidélité aux principes de la justice”, a-t-il ajouté.

Signe d’un effritement des soutiens au pouvoir en place, des responsables religieux ont demandé au ministre des Affaires religieuses de cesser ses pressions pour les pousser à prononcer des prêches favorables au gouvernement.

“PAS D’INGÉRENCE”

“Laissez-nous faire notre travail. Pas d’ingérence”, a déclaré l’imam Djamel Ghoul, chef de file d’un groupe de religieux indépendants.

A Alger, plusieurs dizaines de syndicalistes ont manifesté lundi devant le siège du principal syndicat du pays, l’UGTA, réclamant la démission de son dirigeant Abdelmadjid Sidi Saïd, un allié du président. Le syndicat a ensuite fait savoir qu’il était partisan du changement “dans le dialogue et la sagesse”.

Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, est rentré dimanche en Algérie après avoir passé deux semaines dans un hôpital de Genève,, alors que les manifestations se succédaient en Algérie pour dénoncer sa nouvelle candidature.

Peu avant le retour du président, sa formation, le Front de libération nationale (FLN) au pouvoir depuis l’indépendance, a exhorté toutes les parties à coopérer pour mettre fin à la crise et promouvoir la réconciliation nationale, a rapporté la chaîne de télévision Ennahar TV.

Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Ahmed Gaïd Salah, a affirmé dimanche que “le peuple et l’armée ont une vision commune de l’avenir”.

“Les liens entre l’armée et la population sont forts et spontanés”, a-t-il ajouté lors d’une cérémonie, sans faire directement référence aux manifestations actuelles.

Le président Bouteflika, à la tête du pays depuis 1999, ne s’est pas exprimé en public depuis un accident vasculaire cérébral en 2013. Ses adversaires doutent qu’il soit capable d’assurer sa charge et s’inquiètent que l’Algérie soit gouvernée en son nom et dans l’ombre par ses conseillers.

Avec Tarek Amara à Tunis; Guy Kerivel pour le service français

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