December 4, 2018 / 6:41 PM / 10 days ago

"Gilets jaunes": Information judiciaire pour le pillage de l'Arc de Triomphe

PARIS (Reuters) - Douze majeurs et un mineur devaient être présentés ce mardi à un juge d’instruction dans le cadre de l’enquête sur le pillage du musée de l’Arc de Triomphe lors des violentes manifestations de “Gilets jaunes” samedi dernier à Paris, selon le parquet.

Douze majeurs et un mineur devaient être présentés ce mardi à un juge d'instruction dans le cadre de l'enquête sur le pillage du musée de l'Arc de Triomphe lors des violentes manifestations de "Gilets jaunes" samedi dernier à Paris. /Photo prise le 2 décembre 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

Les 13 personnes sont poursuivies dans le cadre d’une information judiciaire pour intrusion non autorisée dans un lieu historique, participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations, recel, vols aggravés, dégradations d’un bien classé commises en réunion.

Un “Gilet jaune” présumé a par ailleurs été déféré au parquet de Paris dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour viol sur une femme appartenant également au mouvement dans un établissement de restauration rapide.

Au moins 21 des personnes arrêtées samedi à Paris devaient par ailleurs encore être jugées mardi en comparution immédiate au tribunal de Paris, ainsi que quatre hommes interpellés dimanche matin dans le VIIIe arrondissement de Paris.

Sur les 73 personnes entendues lundi lors des premières comparutions (), 20 ont été condamnées à des peines de prison ferme, 25 à des peines de prison avec sursis, dont une avec obligation d’accomplir un travail d’intérêt général, deux à des amendes, 16 ont été renvoyées à une audience ultérieure et 10 ont été relaxées, indique-t-on de source judiciaire.

Les différentes chambres concernées ont en outre prononcé 30 interdictions de paraître à Paris pour des délais variables et décerné huit mandats de dépôt, renvoyant ainsi les personnes concernées directement en détention, selon la même source.

Les peines de prison prononcées vont à ce stade de deux mois avec sursis pour un lycéen de 18 ans accusé de recel d’objets volés et jugé dans la fournée de mardi, à un an ferme pour un homme condamné pour des violences sur un policier, en passant par toutes les durées de détention intermédiaires.

LOIN DE CASSEURS PROFESSIONNELS

Deux jeunes banlieusards de Bondy (Seine-Saint-Denis), arrêtés lors d’un contrôle routier sur le périphérique parisien avec dix pièces d’or volées dans le musée de l’Arc de triomphe, n’ont en revanche écopé que d’amendes de 1.350 et 1.800 euros.

Les profils des prévenus jugés mardi ressemblent beaucoup à ceux de la veille, très loin de celui de casseur professionnel ou d’activistes politiques : des hommes, souvent provinciaux, généralement intégrés malgré de faibles revenus.

Parmi eux, Gilles P., jugé devant la 23e chambre, 34 ans, père de trois filles, déménageur, avec des contrats journaliers lui rapportant 1.000 à 2.000 euros par mois, accusé d’avoir lancé un pavé sur les forces de l’ordre.

Il a expliqué qu’il n’était à Paris samedi que pour accompagner son épouse à la manifestation et a obtenu que son procès soit renvoyé en janvier.

Ou Tristan C., 30 ans, venu de la Drôme, interpellé sur le toit du l’Arc de Triomphe où il dit être monté pour échapper aux gaz lacrymogènes. Il a reconnu avoir alors tenté de s’enfuir et s’être emparé du “tonfa” du policier qui l’arrêtait.

Cet ouvrier agricole au revenu de 1.300 euros par mois, avec deux mois de loyer en retard, testé positif à la cocaïne et au cannabis, nie avoir frappé le policier. Mais déclaré coupable, il a été condamné à six mois de prison dont trois avec sursis, peine aménageable pour sa partie ferme.

Ou bien encore Michaël R., 31 ans, venu de la Nièvre, accusé d’avoir lancé des fumigènes et un morceau de goudron sur des policiers. Il a reconnu avoir commis une “énorme bêtise” et assure qu’il ne participera plus jamais à une manifestation.

Ouvrier “étancheur”, il gagne 1.200 euros par mois, vit chez sa mère parce qu’il ne s’en sortait pas avec un loyer, a signé un contrat à durée indéterminée la semaine dernière. Il a écopé de quatre mois fermes mais aménageable et repartira libre.

Dans la salle d’audience voisine, Vincent P., 33 ans, bac professionnel de mécanicien auto, actuellement sans véritable emploi, vit avec sa compagne au revenu mensuel de 2.000 euros.

Sous méthadone depuis dix ans, arrêté en possession d’un lance-amorce, d’un casque et d’un masque à gaz, il est pour sa part condamné à 12 mois de prison, dont six avec sursis, sans mandat de dépôt, pour participation à un groupement en vue de la préparation de violences et recel de vol.

Edité par Yves Clarisse

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