November 8, 2018 / 2:14 PM / a month ago

Midterms: Les républicains plus liés que jamais à Donald Trump

WASHINGTON (Reuters) - Privé de sa majorité à la Chambre des représentants, le Parti républicain paraît désormais mûr pour amplifier son virage conservateur et si certains modérés interprètent la défaite du GOP comme une sanction de la politique de la Maison blanche, leur poids au Congrès paraît désormais dérisoire.

Privé de sa majorité à la Chambre des représentants, le Parti républicain paraît désormais mûr pour amplifier son virage conservateur et si certains modérés interprètent la défaite du GOP comme une sanction de la politique de la Maison blanche, leur poids au Congrès paraît désormais dérisoire. /Photo prise le 7 novembre 2018/REUTERS/Kevin Lamarque

Dans les urnes, ce sont souvent les républicains qui se sont efforcés de se tenir à distance de la présidence qui ont été battus, si bien que l’essentiel des élus du GOP est constitué de partisans de Donald Trump appartenant à l’aile droite du parti.

Lors d’une conférence de presse organisée mercredi, Donald Trump ne s’est d’ailleurs pas privé de tancer les candidats qui avaient choisi de se passer de son soutien et qui ont perdu leur siège.

“Il y a des gens qui ont décidé de ne pas me suivre ou de ne pas suivre ce pour quoi nous nous battons. Ils ont eu de très mauvais résultats”, a-t-il lancé.

Cette intervention peut clairement être vue comme une injonction adressée aux républicains du Congrès.

Au cours des deux premières années de son mandat, Donald Trump n’a jamais paru disposé à chercher le consensus ou à se départir du ton brutal dont il usait lorsqu’il était le présentateur d’une émission de téléréalité.

Il sait en outre qu’il est le seul maître à bord d’un Parti au sein duquel aucune personnalité ne semble en mesure de le contester.

Désormais en campagne pour sa réélection en 2020, il ne ménagera pas ses efforts pour galvaniser sa base électorale et maintenir le lien avec ses partisans les plus passionnés.

Le changement de majorité à la Chambre des représentants va lui permettre d’entrer en opposition frontale avec ses adversaires démocrates et d’occuper l’espace politique en continuant de mettre l’accent sur ses marottes: la lutte contre l’immigration clandestine et le protectionnisme.

TRUMP SEUL MAÎTRE À BORD

Quant au Parti républicain, il n’aura d’autre choix que de se mettre dans les pas du président, quitte à renoncer à certains de ses principes.

Donald Trump le sait, la Chambre démocrate n’acceptera jamais de financer le mur qu’il souhaite édifier à la frontière mexicaine, mais cela ne l’empêchera certainement pas de continuer de défendre ce projet.

“Avec une chambre démocrate, si le président veut que les choses avancent, il lui faudra composer”, souligne Jason McGrath, membre d’un institut de sondage qui travaille pour les démocrates. “Il n’a jamais semblé disposé à le faire et il sera intéressant de voir s’il décide à un moment de gouverner ou de se limiter à faire des coups pour marquer des points.”

Pour le Parti républicain, la perte de la majorité à la Chambre à des implications à plus long terme dans les circonscriptions qui ont basculé dans le camp démocrate et elle offre à ce dernier l’opportunité de consolider ses gains dans des secteurs résidentiels autrefois solidement arrimés au GOP où les niveaux d’étude et de revenus sont supérieurs à la moyenne nationale et dont l’électorat observe la présidence Trump avec scepticisme.

Or, les républicains peinent à élargir leur base au-delà du coeur des partisans de Donald Trump, des hommes blancs proches des courants évangéliques. Le GOP a perdu du terrain auprès des femmes et des électeurs instruits sans parvenir à progresser auprès des jeunes et des minorités.

Au Sénat, où les républicains ont conservé leur majorité, plusieurs démocrates centristes élus dans des Etats qui ont voté pour Trump en 2016 ont été dépossédés de leur siège par des républicains conservateurs.

Depuis de long mois déjà, l’état-major du Parti républicain anticipait le basculement de la Chambre, si bien qu’il ne le considère sans doute pas comme une défaite ou comme le signe de la nécessité de changer de cap.

Et, à la Maison blanche, on pourra se satisfaire du retrait des républicains les plus hostiles à Trump, à l’image de Bob Corker, Jeff Flake et Paul Ryan qui ne se représentaient pas.

Avec Susan Cornwell,; Nicolas Delame pour le service français

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