August 16, 2018 / 7:39 PM / 3 months ago

Le nouveau patron d'Air France-KLM devra s'imposer

PARIS (Reuters) - Les syndicats d’Air France-KLM attendent de pied ferme le nouveau directeur général du groupe aérien, le Canadien Benjamin Smith, dont la nomination officialisée jeudi est déjà assombrie par des menaces de grève des pilotes en France comme aux Pays-Bas.

(Rpt- legende) Les syndicats d'Air France-KLM attendent de pied ferme le nouveau directeur général du groupe aérien, le Canadien Benjamin Smith, dont la nomination officialisée jeudi est déjà assombrie par des menaces de grève des pilotes en France comme aux Pays-Bas. /Photo prise le 15 mai 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Etoile montante d’Air Canada dont il est le numéro deux, Benjamin Smith prendra ses fonctions au plus tard le 30 septembre 2018.

Les syndicats d’AF-KLM avaient critiqué par avance le choix d’un Nord-Américain et le niveau supposé de sa rémunération qui, selon les médias, pourrait tripler par rapport à celle de Jean-Marc Janaillac, le PDG qui a démissionné début mai à la suite de son désaveu lors d’une consultation des personnels sur une proposition salariale.

C’est la première fois qu’Air France-KLM aura un patron non français et, de plus, non européen.

Air Canada, sur son site internet, est dithyrambique à propos de son directeur de l’exploitation, qui s’est taillé une réputation de négociateur hors pair en prenant personnellement en main en 2015 d’âpres pourparlers avec les syndicats pour signer des accords décennaux chez Air Canada et sa filiale low cost Air Canada Rouge.

“Ben est le visionnaire de l’expansion stratégique d’Air Canada vers un réseau mondial diversifié qui dessert plus de 200 destinations sur six continents avec une flotte de plus de 350 appareils”, écrit le groupe dans la biographie officielle de son numéro deux.

Benjamin Smith y est aussi décrit comme l’architecte du lancement Air Canada Rouge et du développement de l’aéroport Toronto Pearson en hub international.

“GÉRER LES PILOTES”

Agé de 46 ans, Benjamin Smith, qui maîtrise la langue française, a fait toute sa carrière dans l’aérien et est entré en 2002 à Air Canada, dont il est membre du comité exécutif depuis 2007.

Selon deux experts du secteur aérien, il est compréhensible qu’il veuille maintenant poursuivre son ascension et occuper de fonctions de directeur général, même si la tâche s’annonce difficile à la tête d’Air France-KLM.

“Si vous cherchez quelqu’un pour gérer les pilotes, c’est un bon choix”, a estimé une source industrielle.

Le dossier des pilotes, dont les mouvements de grève émaillent l’histoire de la compagnie Air France ces dernières années, sera en haut de la pile du nouveau patron du groupe franco-néerlandais.

Le principal syndicat de pilotes d’Air France, le SNPL, a déjà brandi la menace de “quinze jours de grève” si la nouvelle direction ne relance pas les négociations sur les salaires et les conditions de travail, dans l’impasse depuis la démission de Jean-Marc Janaillac il y a trois mois. Aux Pays-Bas, les pilotes de KLM ont aussi menacé de faire grève.

GOUVERNANCE DÉSTABILISÉE

La nouvelle direction devra aussi renouer le dialogue social avec les autres catégories de personnels. L’intersyndicale d’Air France prévoit de se réunir le 27 août pour décider d’actions à mener à la rentrée pour “obtenir la fin du blocage des salaires qu’elle dénonce depuis des mois”.

Air France a évalué à 335 millions d’euros le coût des quinze jours de grève entre février et mai derniers.

Une nouvelle gouvernance d’Air France-KLM, déstabilisée par la démission de Jean-Marc Janaillac qui cumulait les fonctions de PDG du groupe et de la compagnie Air France, devra aussi être organisée et se prononcer sur les axes stratégiques définis par l’équipe précédente.

Parallèlement au développement de la low cost Transavia, qui doit passer par un doublement de sa flotte, la création d’une low cost long-courrier a été évoquée.

Air France-KLM - un groupe de plus en plus mondialisé après l’entrée à son capital il y a un an de la compagnie américaine Delta Air Lines et de China Eastern - cherche aussi à se renforcer sur l’Atlantique Sud et étudie un projet de coentreprise avec Air Europa, son partenaire depuis 2003 qui dispose d’un réseau très dense en Amérique du Sud.

La question de la participation de 14% de l’Etat français au capital d’Air France-KLM pourrait aussi se poser à nouveau après le galop d’essai du premier groupe hôtelier européen AccorHotels, qui a renoncé en juillet à proposer d’en reprendre tout ou partie en estimant que les conditions “ne sont pas réunies” pour une telle opération.

Dominique Rodriguez, édité par Yves Clarisse

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