July 31, 2018 / 9:03 AM / 2 months ago

Belloubet opposée à l'audition de Benalla au Sénat

PARIS (Reuters) - La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, s’est déclarée mardi hostile à l’audition d’Alexandre Benalla par la commission d’enquête du Sénat, au nom de l’indépendance de la justice qui a ouvert une enquête sur les faits qui lui sont reprochés.

La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, s'est déclarée mardi hostile à l'audition d'Alexandre Benalla par la commission d'enquête du Sénat, au nom de l'indépendance de la justice qui a ouvert une enquête sur les faits qui lui sont reprochés. /Photo prise le 15 janvier 2018/REUTERS/Gonzalo Fuentes

L’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, accusé d’avoir malmené deux jeunes gens en marge des manifestations du 1er-Mai, a fait part, dans un entretien au Journal du dimanche, de son souhait de témoigner devant les sénateurs.

Lundi, le sénateur Les Républicains Philippe Bas, qui préside la commission d’enquête, n’a pas exclu d’organiser un tel témoignage auquel il était initialement opposé en raison de la séparation des pouvoirs, - “nous ne devons pas enquêter sur des faits qui font l’objet de poursuites” - et de celui des droits de la défense, - “il ne faudrait pas qu’une personne auditionnée puisse être amenée à témoigner contre elle même”.

Philippe Bas envisage désormais d’aller de l’avant à la rentrée, après une discussion interne à la commission, puisqu’Alexandre Benalla lui-même y est favorable.

Pour Nicole Belloubet, ce serait une erreur.

“Les commissions d’enquête parlementaire ont leur légitimité, c’est certain, et il faut évidemment qu’elles puissent travailler normalement”, a-t-elle dit sur Europe 1.

“Pour autant, il me semble absolument capital de préserver l’indépendance de la justice et du travail parlementaire et je ne trouve pas sain qu’une commission d’enquête puisse empiéter sur le travail judiciaire”, a-t-elle ajouté.

“Alexandre Benalla est la principale personne qui est mise en cause dans cette information judiciaire, il me semble délicat qu’il puisse intervenir et parler devant une commission d’enquête parlementaire parce que je crois qu’il y aurait là une confusion des rôles, des genres, qui n’est pas forcément très saine”, a-t-elle conclu.

Le parquet de Paris a ouvert lundi une nouvelle enquête pour immixtion dans l’exercice d’une fonction publique et violences volontaires en réunion après avoir reçu deux plaintes pour des faits impliquant la présence d’Alexandre Benalla le 1er-Mai, au jardin des Plantes à Paris.

Dans la première affaire, qui s’est déroulée place de la Contrescarpe, Alexandre Benalla a déjà été mis en examen pour violences en réunion, “immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique”, et “port et complicité de port prohibé et sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique”.

Yves Clarisse, édité par Yann Le Guernigou

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