July 27, 2018 / 6:20 AM / 4 months ago

Le PIB du 2e trimestre pénalisé par les grèves des transports

PARIS (Reuters) - Le rythme de croissance de l’économie française est resté inchangé à 0,2% au deuxième trimestre, un niveau inférieur aux attentes, du fait de la faiblesse de la consommation des ménages qui a notamment été affectée par les grèves dans les transports, selon la première estimation publiée vendredi par l’Insee.

A Nice. Le rythme de croissance de l'économie française est resté inchangé à 0,2% au deuxième trimestre, un niveau inférieur aux attentes, du fait de la faiblesse de la consommation des ménages qui a été affectée par les grèves dans les transports. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Après la hausse de 0,2% du premier trimestre, la plus faible enregistrée depuis l’été 2016, les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un léger mieux (+0,3%) pour le produit intérieur brut de la pérode avril-juin, un niveau anticipé également par l’Insee dans sa dernière note de conjoncture comme par la Banque de France.

L’acquis de croissance pour 2018, à savoir l’évolution du PIB si l’activité stagnait au cours des deux prochains trimestres, se situait à 1,3% au 30 juin.

A ce niveau, l’objectif de 2% retenu par le gouvernement dans le programme de stabilité des finances publiques remis en avril à la Commission européenne sera très difficile à atteindre, l’Insee tablant pour sa part sur une croissance limitée à 1,7% dans sa première prévision publiée en juin.

Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a déjà indiqué que cet objectif pourrait être révisé à la rentrée, lors de la présentation du projet de loi de finances 2019, en tenant compte des chiffres du deuxième trimestre.

Les trois mois à fin juin ont été marqués notamment par les grèves à la SNCF et Air France, dont l’Insee estimait avant l’été qu’elles auraient un impact négatif de 0,1 point de PIB “au plus”.

L’institut souligne vendredi que ces conflits ont pénalisé la consommation des ménages en services, qui ont tout juste progressé de 0,1% contre de l’ordre de 0,5% en temps normal, leurs dépenses de transport reculant de 3,2%.

Dans le même temps, la consommation des Français en biens a reculé de 0,3% en raison de la faiblesse des dépenses en énergie, liée aux températures supérieures à la normale, et en biens alimentaires.

Au bout du compte, la consommation totale des ménages, traditionnel moteur de l’économie française, accuse une rare baisse (-0,1% après +0,2% au 1er trimestre), la première depuis le 3e trimestre 2016.

La demande intérieure finale a néanmoins contribué positivement au PIB à hauteur de 0,2 point, tout comme au premier trimestre, grâce à l’investissement des entreprises (+1,1%) comme des administrations publiques (+0,7%).

La contribution des variations des stocks des entreprises, a été également positive à hauteur de 0,3 point (après 0,0 au trimestre précédent), et celle du commerce extérieur négative dans les mêmes proportions.

Yann Le Guernigou

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