July 25, 2018 / 8:57 AM / 4 months ago

Benalla: L'opposition dénonce le "bras d'honneur" de Macron

PARIS (Reuters) - L’opposition a dénoncé mercredi le “bras d’honneur” d’Emmanuel Macron, qui a invité devant ses troupes ceux qui contestent les sanctions prises dans l’affaire Benalla à “venir le chercher” au lieu de s’exprimer devant les Français.

L'opposition a dénoncé mercredi le "bras d'honneur" d'Emmanuel Macron, qui a invité ceux qui contestent les sanctions prises dans l'affaire Benalla à "venir le chercher" au lieu de s'exprimer devant les Français. /Photo prise le 14 juillet 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Le chef de l’Etat est sorti mardi de son silence, près d’une semaine après la diffusion de la vidéo montrant Alexandre Benalla, un chargé de mission à l’Elysée, malmener deux jeunes gens en marge des violentes manifestations du 1er-Mai.

“S’ils cherchent un responsable, il est devant vous. Le seul responsable, c’est moi et moi seul. Qu’ils viennent me chercher. Je réponds au peuple français”, a-t-il dit devant les parlementaires de La République en marche.

“C’est une sorte de bras d’honneur qu’il a fait hier soir, un bras d’honneur vis-à-vis de l’opposition quand il dit ‘qu’ils viennent me chercher’, un bras d’honneur vis-à-vis des journalistes, de la presse, un bras d’honneur vis-à-vis des Français parce que, en réalité, il devait s’exprimer non pas devant sa cour, non pas en entre-soi et ne devait pas en réserver la primeur seulement aux siens”, a déclaré sur France 2 le chef de file des sénateurs Les Républicains.

“J’attends (...) qu’il vienne s’expliquer officiellement devant les Français et je trouve qu’il devrait avoir des contradicteurs, qu’il choisisse une émission (...) je crois que cet exercice, il n’y coupera pas. Il ne doit pas fuir sa responsabilité”, a-t-il ajouté.

Le député La France insoumise Alexis Corbière adopte la même expression mais demande, lui, que le président vienne devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

“”Qu’ils viennent me chercher’, dit le président devant son cercle de députés fidèles. Il ne viendra donc pas de sa propre volonté s’expliquer ? C’est un bras d’honneur au Parlement et au Peuple !” a-t-il déclaré sur Twitter.

UN DISCOURS “FORT” POUR LA MAJORITÉ

Pour Philippe Bas, président Les Républicains de la commission des Lois au Sénat qui auditionne également en ce moment les protagonistes de l’affaire, c’est bien devant les Français qu’Emmanuel Macron aurait dû s’exprimer.

“Un chef de l’Etat a des comptes à rendre et quand une question grave lui est posée, il ne doit pas l’esquiver, il ne doit pas différer le moment de la réponse”, a-t-il estimé sur Europe 1. “Il dit qu’il veut l’assumer mais que ne le fait-il pas, il faut qu’il l’assume en s’expliquant devant les Français, en parlant devant tous les Français.”

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a vu une contradiction entre la responsabilité assumée par Emmanuel Macron des sanctions prises début mai contre Alexandre Benalla, dont une suspension de deux semaines, et le témoignage de son directeur de cabinet, Patrick Strzoda, qui a dit mardi devant la commission d’enquête avoir pris la décision.

“Le nouveau monde a perdu toute crédibilité”, a-t-il dit sur Twitter.

Le chef de file de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, y voit le signe de l’”arrogance” du président.

“E. #Macron fait le malin devant ses troupes à Saint-Germain-des-Prés et prétend tout assumer ? En fait il se cache et refuse de s’adresser à la Nation ! Les Français ne supporteront pas cette arrogance 4 ans de plus !”, a-t-il dit sur Twitter.

Mais pour la majorité, Emmanuel Macron a eu raison de dire qu’il n’était responsable que devant le peuple.

“On a un président de la République qui assume et je trouve ça extrêmement positif, a dit mercredi sur BFM TV Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics.

Pour Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, “le message est que le président de la République est le chef de l’Etat et qu’il ne se défausse pas”.

“Le discours du président de la République disant qu’il assumait et surtout disant qu’il n’y aurait pas de République des fusibles qu’il n’allait pas donner des scalps pour faire plaisir à tel ou tel dans l’opinion, je crois que c’est un discours très fort”, a-t-elle dit sur franceinfo.

Yann Le Guernigou et Yves Clarisse

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