July 24, 2018 / 10:45 AM / 2 months ago

Gérard Collomb est disqualifié, estime le PS

PARIS (Reuters) - Le ministre de l’Intérieur, qui se défend de tout manquement dans la gestion de l’affaire Benalla, est “disqualifié” car il “cherche à se protéger” par “le mensonge et le déni”, a estimé mardi le premier secrétaire du Parti socialiste.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui se défend de tout manquement dans la gestion de l'affaire Benalla, est "disqualifié" car il "cherche à se protéger" par "le mensonge et le déni", a estimé mardi le premier secrétaire du Parti socialiste. /Photo prise le 23 juillet 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Gérard Collomb a été entendu lundi par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les agissements d’Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai. Il a rejeté la responsabilité des dysfonctionnements sur l’Elysée et la préfecture de police de Paris.

“L’audition de M. Collomb était surréaliste. M. Collomb, ministre de l’Intérieur, premier flic de France, l’homme le mieux informé de France, nous explique qu’il ne sait rien, qu’il ne connaît même pas M. Benalla alors qu’il y a des dizaines de photos sur Twitter qui montrent qu’il l’a rencontré”, a déclaré Olivier Faure sur RTL.

“Je pense que M. Collomb est totalement disqualifié et que la question de sa survie au gouvernement ou pas est une question presque accessoire”, a poursuivi le député, précisant que l’opposition n’était pas “à la recherche de scalps”.

Gérard Collomb, ex-membre du PS, devait être entendu mardi après-midi par la commission d’enquête du Sénat.

“FUSIBLES”

“Depuis le 1er mai dernier, des sanctions auraient dû être prises - le licenciement immédiat de M. Benalla - mais aussi des investigations sur le fonctionnement des autorités de police à Paris”, a déclaré sur BFM TV le sénateur (Les Républicains) Philippe Bas, président de la commission des Lois du Sénat, constituée en commission d’enquête.

“L’espèce de déférence qu’on a à l’égard de quelqu’un qui est porteur d’une carte barrée bleu blanc rouge sur laquelle est écrit ‘Présidence de la République’ encourage tous les abus de pouvoir”, a-t-il déploré.

Le directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC), qui a corrigé une partie de ses dires mardi, a déclaré lundi soir sous serment devant la commission d’enquête de l’Assemblée qu’Alexandre Benalla n’avait bénéficié d’aucune autorisation de la préfecture de police pour intégrer le dispositif des forces de l’ordre le 1er mai en qualité d’”observateur”, contrairement à ce qu’affirme l’Elysée.

Alain Gibelin a précisé qu’Alexandre Benalla était “un interlocuteur régulier” et qu’il se prévalait sur “ses cartes de visite” d’une “qualité de chef adjoint du chef de cabinet”.

“Moi aujourd’hui j’ai tendance à suivre, à faire confiance aux hauts fonctionnaires qu’on a voulu mettre en cause de façon un peu lâche et un peu trop facile”, a dit pour sa part le député (Les Républicains) Eric Ciotti sur BFM TV en évoquant l’audition, lundi, de Gérard Collomb.

“On imagine déjà les deux fusibles que l’on a enclenchés, M. (Patrick) Strzoda (directeur de cabinet d’Emmanuel Macron-NDLR), M. (Michel) Delpuech (préfet de police de Paris-NDLR) : les politiques n’ont rien fait, M. Macron n’a rien vu, ne sait rien, M. Collomb n’a rien vu, ne sait rien”, a-t-il dit.

“RÈGLEMENT DE COMPTES À OK PRÉFECTORAL”

Patrick Strzoda devait être entendu mardi après-midi par la commission d’enquête de l’Assemblée. Il avait convoqué Alexandre Benalla au lendemain des violences du 1er mai et décidé de sa mise à pied avec suspension de salaire, ainsi que de sa rétrogration à des missions d’organisation, mesure contredite par des images le montrant par la suite au plus près du chef de l’Etat.

Au deuxième jour des auditions, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, et une partie de la majorité LaRem dénoncent “un tribunal politique” et un dévoiement des prérogatives parlementaires.

“Argument un peu ridicule”, a répliqué Eric Ciotti, “l’enquête parlementaire s’inscrit au coeur de nos institutions”.

Philippe Bas a appelé Benjamin Griveaux “à un peu plus d’humilité”, soulignant qu’il n’avait “jamais siégé au Parlement”. “C’est l’honneur du Parlement que de vouloir faire la lumière sur des questions qui sont aujourd’hui à la une des préoccupations politiques des Français”, a-t-il dit sur LCI.

Gabriel Attal, porte-parole de La République en Marche, a dénoncé “un sketch” sur BFM TV. “La commission d’enquête n’est pas là pour servir de tribunal politique ou de scène de théâtre”. “Il y a eu des dysfonctionnements au sein de la préfecture, c’est établi. (...) On n’est pas du tout dans une affaire d’Etat on est dans ‘Règlement de comptes à OK Préfectoral’”, a-t-il avancé.

Sophie Louet, édité par Yves Clarise

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