July 3, 2018 / 7:48 AM / 3 months ago

L'évasion de Faïd crée une nouvelle crise à la pénitentiaire

PARIS (Reuters) - L’évasion du braqueur multirécidiviste Redoine Faïd crée une nouvelle crise dans l’administration pénitentiaire et un début de polémique politique, avec mise en cause et appels à la démission de la ministre de la Justice.

L'évasion du braqueur multirécidiviste Redoine Faïd crée une nouvelle crise dans l'administration pénitentiaire et un début de polémique politique, avec mise en cause et appels à la démission de la ministre de la Justice. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Redoine Faïd, qui cumule les condamnations et purgeait notamment une peine de 25 ans de détention pour la mort d’une policière lors d’un braquage avorté, s’est enfui dimanche de la prison de Réau (Seine-et-Marne) en hélicoptère.

La direction interrégionale pénitentiaire de Paris avait demandé quelque temps auparavant à la direction centrale son transfert, sur la base d’informations laissant penser qu’il préparait une évasion, dit-on de sources syndicales.

L’administration centrale pénitentiaire a répondu que cela ne pouvait être envisagé avant septembre, malgré des mises en garde sur un risque de passage à l’acte, comme le confirme un échange de courriels publiés mardi par Le Figaro.

“Je souhaite porter un regard clinique sur cette évasion et je souhaite tirer toutes les conséquences qui devront en être tirées”, a déclaré mardi la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, à l’Assemblée nationale. “Y compris pour mesurer les défaillances et prendre les éventuelles sanctions qui s’imposeront”, a-t-elle précisé.

La ministre a cependant estimé que la prison de Réau, ouverte en 2011, était adaptée à la détention de cette figure du grand banditisme.

Elle s’est par ailleurs dite prête à présenter au Parlement les conclusions, attendues d’ici “quinzaine de jours”, de la mission d’inspection qu’elle a ordonnée.

Jugeant Nicole Belloubet responsable de l’évasion, la présidente du Rassemblement national (ex-FN), Marine Le Pen, a appelé à sa démission.

“Il y a eu une défaillance, pas une défaillance du système pénitentiaire seulement, une défaillance politique en réalité. C’est la ministre de la Justice qui est défaillante”, a déclaré la dirigeante d’extrême droite sur RTL.

“J’en tire la conclusion qu’elle n’est pas à la hauteur de la mission qui est la sienne”, a ajouté Marine Le Pen.

Le député Les Républicains (LR) Guillaume Larrivé a pour sa part demandé à la commission des lois de l’Assemblée nationale d’entendre la garde des Sceaux.

FAÏD TOUJOURS EN FUITE

Détenu “particulièrement signalé”, Redoine Faïd était déjà l’auteur d’une évasion spectaculaire de la prison de Sequedin (Nord) en avril 2013, avec explosifs et prise d’otages.

Son évasion suscite également un vif émoi parmi le personnel pénitentiaire, six mois après un mouvement de protestation de plusieurs semaines des surveillants.

“La crise de janvier n’a jamais été vraiment réglée. Ce nouvel élément est révélateur de ce que la crise pénitentiaire continue et qu’il faut tirer les conséquences d’un certain nombre de dysfonctionnements”, a déclaré à Reuters Sébastien Nicolas, secrétaire général du Syndicat des directeurs des services pénitentiaires-Force ouvrière, FO-direction.

FO-Direction demande une “réflexion sérieuse” sur la prise en charge des différents types de détenus et souhaite l’organisation rapide d’états généraux de la prison.

Pour le syndicat Ufap Unsa-Justice, qui a publié mardi un communiqué, “la défaillance est politique et c’est aux politiques d’assumer”.

Une centaine de membres de la police judiciaire travaillent encore activement sur l’enquête, après une première phase, à chaud, durant laquelle 1.750 personnes ont été mobilisées.

Selon une source proche de l’enquête, le véhicule utilitaire blanc utilisé par Redoine Faïd dans sa cavale a été retrouvé incendié lundi en fin de matinée dans l’Oise, département dont il est originaire.

Son frère Brahim, qui lui rendait visite au moment de cette opération commando et avait été immédiatement mis en garde à vue, a été relâché lundi soir.

Sophie Louet et Emmanuel Jarry avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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