July 2, 2018 / 12:56 PM / 4 months ago

Un attentat contre l'opposition iranienne en France déjoué

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - Un “attentat terroriste” contre un rassemblement de l’opposition iranienne près de Paris a été déjoué samedi dernier grâce à l’arrestation à Bruxelles d’un couple d’origine iranienne en contact avec un diplomate iranien qui a été interpellé en Allemagne, a annoncé lundi le parquet fédéral belge.

Les autorités belges ont déjoué un projet d'attentat à la bombe contre un rassemblement de l'opposition iranienne samedi dernier près de Paris, ont annoncé lundi le Parquet fédéral et la Sûreté de l'Etat dans un communiqué commun. /Photo prise le 5 février 2018/REUTERS/Yves Herman

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a démenti toute implication de l’Iran.

Deux ressortissants belges d’origine iranienne, Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été placés lundi en détention par un juge d’instruction d’Anvers spécialisé en terrorisme, peut-on lire dans un communiqué du parquet belge.

Le couple a été intercepté à bord de sa Mercedes à Woluwe-Saint-Pierre, une commune de la capitale belge. Environ 500 grammes de TATP et un mécanisme de mise à feu ont été trouvés dans la voiture, dans une petite trousse de toilette.

Tous deux sont suspectés d’avoir voulu commettre un attentat à la bombe samedi à Villepinte (Seine-Saint-Denis), lors d’une conférence qui y était organisée par les Moudjahidines du peuple iranien, parti d’opposition interdit en Iran. Quelque 25.000 personnes étaient présentes à cette conférence.

Ils ont été inculpés de tentative d’assassinat terroriste et de préparation d’une infraction terroriste.

Un “contact” du couple, Assadollah A., 46 ans, de nationalité iranienne, a également été interpellé en Allemagne.

Il s’agit d’un diplomate iranien auprès de l’ambassade autrichienne à Vienne, précisent le parquet fédéral et la Sûreté de l’Etat belges dans leur communiqué commun.

“Un attentat terroriste a pu être déjoué grâce à la coopération entre le parquet fédéral, la Sûreté de l’Etat (les services de renseignements belges-NDLR), la police judiciaire fédérale d’Anvers, le SEDEE (les services de déminage belges qui ont fait exploser l’engin-NDLR) et les autorités françaises (DGSI) et allemandes”, peut-on lire.

DEUX GARDES À VUE LEVÉES EN FRANCE

En France, deux des trois personnes d’origine iranienne interpellées et placées en garde à vue samedi ont été relâchées lundi “en l’absence d’élément incriminant”, a-t-on appris de source judiciaire française. La troisième garde à vue se poursuivait, a-t-on ajouté.

Le parquet de Paris a ouvert le 28 juin une enquête préliminaire du chef d’association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Les autorités belges ont précisé que cinq perquisitions avaient été effectuées samedi en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles mais elles ont refusé d’en communiquer les résultats.

Aucune piste n’est explicitement privilégiée mais les Moudjahidines du peuple y voient la main de Téhéran, notamment en raison de l’implication présumée d’un diplomate iranien.

“La résistance iranienne a mis en garde de manière répétée contre les complots terroristes et les plans de soi-disant ‘diplomates’ du régime iranien” associés aux services de renseignement, a dit à Reuters leur porte-parole, Shahin Gobadi.

“Les ambassades et les bureaux du régime iranien en Europe sont des centres d’espionnage et de terrorisme, et la résistance iranienne réitère une fois de plus la nécessité de les fermer.”

Mohammad Javad Zarif a ironisé sur la coïncidence entre les arrestations et le début de la visite du président iranien Hassan Rohani en Suisse et en Autriche.

“L’Iran condamne sans équivoque toute violence et terreur, où que ce soit, et est prêt à travailler avec tous ceux concernés pour mettre au jour ce qui est un sinistre stratagème sous un faux drapeau”, a-t-il écrit sur Twitter.

Le rassemblement de Villepinte est le grand rendez-vous annuel du Conseil national de la résistance de l’Iran (CNRI), groupe d’opposants au régime de Téhéran basé dans la capitale française qui fait étalage à cette occasion de ses soutiens.

Cette année, la tête d’affiche était l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, un proche de Donald Trump.

Le président américain, a-t-il déclaré samedi à Reuters, va asphyxier les “ayatollahs dictateurs” de l’Iran grâce aux nouvelles sanctions imposées au régime de Téhéran.

Lors de cette même conférence l’an dernier, John Bolton, nommé en avril conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, avait assuré au CNRI qu’il dirigerait l’Iran avant 2019.

Bernard Kouchner et Philippe Douste-Blazy, deux anciens ministres français des Affaires étrangères, participaient également à la rencontre de Villepinte.

Yves Clarisse, avec Emmanuel Jarry et John Irish, Robert-Jan Bartunek à Bruxelles, édité par Sophie Louet

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