July 2, 2018 / 12:36 PM / 5 months ago

Prix à la baisse pour les primeurs du Bordeaux 2017

BORDEAUX (Reuters) - Un millésime 2017 marqué par le gel tardif, une forte baisse des volumes récoltés et une qualité hétérogène ont eu pour conséquence une baisse des prix allant jusqu’à 25% lors de la campagne des primeurs, a dit lundi à Reuters Olivier Bernard, président de l’Union des grands crus de Bordeaux (UGCB).

Un millésime 2017 marqué par le gel tardif, une forte baisse des volumes récoltés et une qualité hétérogène ont eu pour conséquence une baisse des prix allant jusqu'à 25% lors de la campagne des primeurs, a dit lundi à Reuters Olivier Bernard, président de l'Union des grands crus de Bordeaux (UGCB). /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Ce marché des primeurs unique au monde, véritable baromètre de tout le Bordelais, permet aux plus grands crus bordelais réunis au sein de l’UGCB de vendre leur dernier millésime encore en élevage pour une livraison 18 à 24 mois plus tard.

Après deux très bons millésimes 2015 et 2016 bien vendus, la petite récolte de 3,50 millions d’hectolitres en 2017, soit une baisse de 39% par rapport à 2016 (5,77 millions d’hectolitres) et la plus faible vendange depuis 1991, la tentation de compenser la rareté par le prix a été évitée.

Mais la baisse de 2 à 25% selon les cas risque d’être insuffisante.

“Cela fait un peu plus de 10% en moyenne, ce qui n’est pas suffisant”, déclare le président de l’UGCB Olivier Bernard.

“Ce millésime a un petit goût de trop cher dans le négoce, mais même si les prix avaient été plus raisonnables, il y a moins d’intérêt de la part du public sur les 2017 que sur les 2015 et 2016. Et si on avait voulu tenter le marché par ce troisième millésime consécutif, il aurait fallu une baisse significative”, ajoute-t-il.

PAS DE CHÂTEAU CORBIN EN 2017

La disparité des baisses de prix de la campagne des 2017 cache des réalités très diverses, des propriétés ayant été indemnes des effets du gel, d’autres ayant vu une grande partie de leur récolte détruite au point que certaines ont fait le choix de ne pas sortir de millésime 2017, comme Château Corbin, 1er grand cru classé Saint-Emilion.

A Saint-Emilion, Château Angelus et Château Pavie, deux 1er grands crus classés A, la baisse consentie est de -6%. Dans les Graves, Château Haut-Brion, 1er cru classé Pessac-Léognan a baissé ses prix de plus de 19%. Dans le Médoc, Lafite-Rotschild, 1er cru classé Pauillac, baisse de 13%.

“S’il y avait eu une baisse des prix plus importante, la campagne aurait été probablement plus active. Mais il faut aussi tenir compte de l’évolution des monnaies, la perspective d’un Américain, d’un Japonais, d’un Hong-Kongais ou d’un Anglais n’est pas tout à fait la même”, estime Stanislas Henriot, de chez Ballande et Méneret, l’un des gros négociants de la place.

Millésime de consommation plus que de garde et encore moins de spéculation, les 2017 “vont se vendre une partie en primeurs et une partie en livrable dans les deux, trois ou quatre ans, et quand on les verra sur les cartes des vins de restaurants, tout le monde se régalera parce que le millésime est très bon, et on aura oublié cette période de primeurs qui a été un peu surévaluée”, estime Olivier Bernard.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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