June 28, 2018 / 4:46 AM / in 5 months

Très faible participation à la manifestation de FO et la CGT

PARIS (Reuters) - La CGT et FO ont conduit jeudi leur première journée de manifestation interprofessionnelle conjointe depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron qui, à défaut de rassembler, entend marquer le début d’une contestation dans la durée.

La CGT et FO ont conduit jeudi leur première journée de manifestation interprofessionnelle conjointe depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron qui, à défaut de rassembler, entend marquer le début d'une contestation dans la durée. /Photo prise le 28 juin 2018/REUTERS/Benoît Tessier

Près de “130 initiatives” ont été lancées sur le territoire pour cette nouvelle journée de manifestation annoncée par la CGT, Force ouvrière, les associations étudiantes Unef, UNL et FIDL et à laquelle s’est joint Solidaire, selon la CGT.

Ces actions ont pris des formes diverses, des manifestations aux pique-niques, et elles ont touché les secteurs privé, public ainsi que les milieux étudiants et coïncident avec la dernière journée de grève unitaire des cheminots.

“On a beau avoir un jeune président de la République, toutes les mesures qu’il prend, ce sont des mesures du siècle dernier”, a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à la presse en tête du cortège parisien.

“Ceux qui connaissent la vraie vie, ce qui n’est pas le cas du président de la République, savent que quand on est dans la précarité, on ne peut pas construire sa vie”, a-t-il ajouté.

Mais la participation n’a pas été au rendez-vous puisqu’à Paris 2.900 personnes seulement se sont rassemblées pour manifester, selon la préfecture de police.

La CGT n’a pas souhaité donner de chiffre. Elle précise que l’objectif n’est pas de mesurer la mobilisation, mais de construire un mouvement de long terme.

“Il s’agit de préparer une rentrée offensive pour gagner l’augmentation des salaires et des pensions, la réduction du temps de travail, pour relancer nos industries et services publics”, peut-on lire dans un communiqué.

Le nouveau secrétaire général de FO, Pascal Pavageau, qui a reçu le mandat de mener une lutte interprofessionnelle la plus unitaire possible, explique lui aussi que les participants ne “sont pas là pour faire un chiffre”.

“Nous sommes là pour prendre date dans une logique qui s’inscrit à plus long terme et certainement avec plus d’organisations syndicales et de jeunesse que celles qui appellent le 28”, a-t-il dit sur Public Sénat lundi.

“Nous verrons à la rentrée, fin août, début septembre ce que nous sommes en capacité de faire.”

À BOUT PHYSIQUEMENT ET FINANCIÈREMENT

Les syndicats ne cherchent plus à se démarquer par le nombre de manifestants dans la rue.

La dernière mobilisation interprofessionnelle que la CGT avait menée en solitaire le 19 avril, n’avait rassemblé que 119.500 personnes en France (108.000 en régions et 11.500 à Paris), selon la préfecture.

La “marée populaire” appelée par la CGT, la France insoumise et d’autres organisations avait rassemblé 93.315 personnes en France (21.000 à Paris et 72.315 en Province).

La participation à la grève de la SNCF, handicapée par les divisions syndicales, était de 8,43% mercredi, son plus bas niveau depuis le début du mouvement, le 3 avril. Elle s’est légèrement redressée ce jeudi pour cette dernière journée de débrayage unitaire, atteignant 10,26%.

Les centrales mettent en garde contre une aggravation du malaise social, notamment en lien avec la baisse de 0,6% du pouvoir d’achat des ménages, constatée par l’Insee au premier trimestre de 2018 et espèrent qu’il sera le catalyseur pour réaliser une unité d’action plus large.

Pascal Pavageau ne défile cependant pas à Paris aux côtés de Philippe Martinez, mais dans le Doubs.

La CGT et Sud Rail continueront seules le mouvement de grève de la SNCF durant l’été avec deux premières journées d’arrêt de travail les 6 et 7 juillet, alors qu’Emmanuel Macron a signé mercredi le projet de loi “pour un nouveau pacte ferroviaire” réformant la SNCF.

Des dissensions apparaissent au sein des centrales. Les cheminots CGT de la Dordogne, par exemple, ont décidé jeudi de suspendre leur participation au mouvement durant l’été.

“Pour l’instant, s’il n’y a pas d’éléments nouveaux qui arrivent et qui justifierait qu’on reparte dans l’action. (...) On est tous à bout physiquement et financièrement après 36 jours de grève”, a déclaré à Reuters le délégué CGT Olivier Riffet.

Caroline Pailliez avec Julie Carriat à Paris et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Elizabeth Pineau et Yves Clarisse

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