June 27, 2018 / 3:06 PM / 3 months ago

Dix membres de l'ultradroite anti-islamiste devant un juge

PARIS (Reuters) - Dix activistes de l’ultradroite islamophobe arrêtés ce week-end, dont leur leader présumé, un retraité de la police nationale de 65 ans, et son épouse, ont été présentés mercredi après-midi à un juge d’instruction en vue de leur mise en examen, a annoncé le procureur de la République de Paris.

Le procureur de la République de Paris a annoncé la présentation mercredi après-midi de dix membres d'un groupuscule de l'ultradroite anti-islamiste à un juge d'instruction en vue de leur mise en examen. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Agés de 32 à 69 ans, avec des profils très divers (ils compteraient également dans leurs rangs un ex-militaire), la plupart sans antécédents judiciaires, ils ont été interpellés dans la nuit de samedi à dimanche en Corse, dans la Vienne, en Charente-Maritime et dans la région parisienne.

Selon une source proche de l’enquête, leur groupuscule, l’Action des forces opérationnelles (AFO), dont l’objectif est de “lutter contre le péril islamique”, est issu d’une scission des Volontaires pour la France, un groupe de la même mouvance.

La section antiterroriste du parquet de Paris avait confié le 13 avril 2018 une enquête préliminaire à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

“Il est apparu que ce groupe essayait de recruter de nouveaux membres et d’étendre son maillage territorial en se structurant au niveau régional”, précise le procureur de la République de Paris dans un communiqué.

Les investigations ont également permis d’établir que l’AFO proposait à ses membres des formations, notamment au combat et au secourisme, et des stages de “survivalisme”.

Certains de ses membres cherchaient à se procurer des armes ou avaient testé des explosifs et des grenades de confection artisanale. Les perquisitions ont notamment permis de découvrir chez l’un d’eux, dans les Yvelines, des éléments entrant dans la fabrication d’explosifs comme le TATP, ajoute le procureur.

Sur 36 armes saisies, 31 étaient détenues sans autorisation, précise-t-il encore dans son communiqué.

“Les éléments recueillis faisant craindre un passage à l’acte violent”, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire le 14 juin 2018 pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes.

Le contours des actions envisagées demeurent imprécis à ce stade, déclare le procureur. Mais selon des sources proches de l’enquête, ils envisageaient de s’en prendre à des cibles liées à l’islam radical, dont des imams.

La saisine du juge a notamment été élargie au chef de fabrication d’engins explosifs ou incendiaires en relation avec une entreprise terroriste. Le parquet a requis le placement en détention provisoire de neuf des dix mis en cause.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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