June 25, 2018 / 3:27 PM / 5 months ago

Enquête préliminaire à Lyon sur la campagne de Macron

LYON (Reuters) - Le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire sur le rôle de la ville et de la métropole de Lyon dans l’organisation et le financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, a-t-on appris lundi auprès de cette juridiction.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire sur le rôle de la ville et de la métropole de Lyon dans l'organisation et le financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, a-t-on appris lundi auprès de cette juridiction. /Photo prise le 23 juin 2018/REUTERS/Thibault Camus

L’ouverture de cette enquête pour détournement de fonds publics, financement irrégulier de campagne et abus de bien social fait suite à une plainte déposée le 11 juin par les élus Les Républicains (LR) lyonnais.

Les élus s’interrogent sur l’implication des deux collectivités locales, dirigées à l’époque par Gérard Collomb, fidèle supporter du chef de l’Etat, artisan de sa victoire et aujourd’hui ministre de l’Intérieur.

Ils disent soupçonner la mise à disposition de moyens de la ville et de la métropole au profit de la campagne d’Emmanuel Macron. “Il y a certains éléments susceptibles de constituer une infraction”, estime ainsi Stéphane Guilland, président du groupe LR à la mairie de Lyon, qui demande depuis plusieurs mois des éclaircissements aux deux collectivités.  

   Ces élus s’interrogent notamment sur la réception organisée le 2 juin 2016 dans les salons de l’hôtel de ville en l’honneur d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, ainsi que sur une réunion publique d’En Marche organisée le 7 septembre 2016 sur la péniche La Plateforme amarrée aux quais du Rhône.

Les élus d’opposition s’interrogent aussi sur l’implication de Jean-Marie Girier, ex-chef de cabinet de Gérard Collomb à la métropole de Lyon, dans la campagne présidentielle, ainsi que sur l’utilisation de locaux loués par la métropole à Paris.

Les élus LR soupçonnent ces locaux d’avoir abrité une rencontre entre le maire de Bordeaux, Alain Juppé, et Emmanuel Macron, entre les deux tours de la présidentielle.

    “Certains faits laissent penser que l’argent des contribuables a été utilisé dans la campagne, alors que c’est interdit”, estime le leader de l’opposition municipale.

“DYSFONCTIONNEMENT”

Stéphane Guilland s’est réjoui de l’ouverture de l’enquête. “C’est le seul moyen d’aller chercher des éléments de réponse à ces questions”, a-t-il dit.

Un autre élu de l’opposition, Philippe Cochet, membre du groupe LR à la métropole de Lyon, a pour sa part expliqué à LCI que les réponses fournies jusqu’ici étaient “très partielles”.

“Une fois ces éléments donnés, on s’est rendu compte que les non-réponses données les mettaient en difficulté”, a-t-il dit. “Nous ne sommes pas dans une démarche de dénigrement mais dans une démarche de contribuables qui veulent savoir si, notamment lors de la pré-campagne et de la campagne d’Emmanuel Macron, il y a eu usage ou non de biens publics.”

Me Jérôme Karsenti, avocat de l’association de lutte contre la corruption Anticor, a pour sa part jugé “nécessaire pour la démocratie” les investigations engagées.

“Manifestement, il y a un dysfonctionnement global du contrôle des dépenses des campagnes électorales et ça concerne une majorité des candidats”, a-t-il déclaré à LCI.

La République en Marche (LaRem) et l’entourage du chef de l’Etat font valoir pour leur part que la Commission nationale des comptes de campagne a validé ceux d’Emmanuel Macron.

“Les comptes ont été vérifiés, l’affaire fait ‘pschitt’”, a dit sur LCI le vice-président du groupe à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre. “Un certain nombre de mauvais perdants essaient de faire durer le match indéfiniment. Je crois que les Français ne sont absolument pas dupes de ce type de manoeuvre”.

Mais pour Me Karsenti, le problème réside aussi dans le manque de moyens des institutions chargées de veiller au respect des règles : “On a des institutions publiques qui ne sont pas dotées de moyens, donc on a l’apparence de la démocratie (...) mais en réalité ce sont des magistrats qui n’ont pas de pouvoir d’investigation, pas de pouvoir d’enquête.”

Catherine Lagrange et Elizabeth Pineau, édité par Emmanuel Jarry

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