June 21, 2018 / 2:28 PM / 6 months ago

Rejet d'une proposition de loi contre les 80 km/h sur route

PARIS (Reuters) - Les députés Les Républicains, soutenus par la gauche, ont défendu en vain jeudi une proposition de loi visant à “adapter” l’abaissement de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires, qui entrera en vigueur le 1er juillet.

Les députés Les Républicains, soutenus par la gauche, ont défendu en vain jeudi une proposition de loi visant à "adapter" l'abaissement de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires, qui entrera en vigueur le 1er juillet. /Photo prise le 15 janvier 2018/REUTERS/Régis Duvignau

Après un débat houleux, le texte défendu par le député LR du Cantal Vincent Descoeur a été rejeté par 95 voix contre 68.

En vertu du décret paru dimanche dernier au Journal officiel, la nouvelle limitation de vitesse concernera les routes bidirectionnelles sans séparateur central. Un bilan sera fait dans deux ans, en juillet 2020.

“Déterminé à infléchir la courbe de la mortalité routière”, le Premier ministre, Edouard Philippe, oppose depuis des mois une fin de non-recevoir aux adversaires de cette réforme, qui concerne 400.000 km de voies, essentiellement en zone rurale.

“Prise sans concertation et surtout sans que les bénéfices en terme de sécurité routière aient fait l’objet d’une évaluation sérieuse, cette décision est d’autant plus mal acceptée que ses conséquences en matière d’aménagement du territoire et de mobilité, pour des millions de Français résidant en zone rurale ou périurbaine, ont été de toute évidence sous-estimées voire ignorées”, a déploré Vincent Descoeur dans l’hémicycle.

“NOUS NE CHANGERONS PAS D’AVIS”

L’élu a notamment souligné le handicap représenté par l’augmentation des temps de déplacement et reproché aux autorités de ne tenir “aucun compte” des efforts des collectivités pour améliorer la qualité du réseau routier.

“Des territoires entiers perdront en attractivité (...) par rapport à ceux mieux dotés en infrastructures de transports”, a-t-il prévenu.

La proposition de loi privilégiait une approche “au cas par cas” en suggérant de laisser aux autorités locales - maires, préfets et présidents de départements - l’initiative de limiter la vitesse sur les tronçons de voies les plus accidentogènes.

“La vitesse reste la cause principale des accidents”, a rappelé Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, évoquant “170 accidents corporels par jour, presque deux par département.”

Malgré les réserves exprimées jusqu’au sein du gouvernement, par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb en particulier, Edouard Philippe est resté inflexible.

“Nous ne changerons pas d’avis. Les mesures qui ont été annoncées seront mises en oeuvre”, a-t-il répété mardi lors des questions d’actualité au gouvernement. “J’assume mes responsabilités et on verra le résultat.”

Des députés centristes ont déposé mardi un recours devant le Conseil d’Etat, dénonçant un “excès de pouvoir” sur ce sujet.

Après douze années de baisse continue, la mortalité routière augmente depuis 2014 en France (3.477 morts en 2016) avec la vitesse pour première cause (31%), suivie de l’alcool (19%) et des stupéfiants (9%). En 2016, les routes à deux voies non séparées ont connu 55% des accidents mortels, soit 1.911 tués.

Dans un sondage YouGov pour Capital réalisé en avril auprès de 1.012 personnes, 71% des Français se déclarent opposés au projet gouvernemental.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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