June 15, 2018 / 10:05 AM / 3 months ago

Paris envisage de déminer les accès au port yéménite d'Hodeïda

PARIS (Reuters) - L’armée française envisage une action de déminage des accès au port yéménite d’Hodeïda mais aucune action militaire n’est en cours dans cette région, a fait savoir vendredi le ministère français des Armées.

A Hodeïda, lors de la fête de l'Aïd el-Fitr. L'armée française envisage une action de déminage des accès au port yéménite d'Hodeïda mais aucune action militaire n'est en cours dans cette région, a fait savoir vendredi le ministère français des Armées. /Photo prise le 15 juin 2018/REUTERS/Abduljabbar Zeyad

Les forces fidèles au président yéménite en exil ont lancé mercredi, avec le soutien de la coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite, une vaste offensive contre Hodeïda, le principal port du Yémen toujours aux mains des miliciens houthis. Elles semblaient vendredi sur le point de s’emparer de l’aéroport.

“Il n’y a pas d’action militaire française aujourd’hui dans la région de Hodeïda, et la France ne fait pas partie de la coalition qui est engagée sur ce théâtre”, a déclaré le ministère français.

“L’actualité sur le terrain nous convainc de la nécessité que la communauté internationale prête une attention toute particulière à la question de l’accès humanitaire”.

“Une action de déminage des accès au port d’Hodeïda après la fin des opérations militaires est donc actuellement à l’étude”, a-t-on poursuivi, confirmant une information donnée jeudi par un responsable des Emirats arabes unis. “Elle aurait pour but de faciliter l’acheminement, en sécurité, de l’aide humanitaire à la population de la ville.”

A l’approche de conférence humanitaire sur le Yémen co-organisé par la France et l’Arabie saoudite le 27 juin à Paris, des organisations humanitaires ont écrit au président français Emmanuel Macron pour lui demander de faire pression sur l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis afin d’éviter une “catastrophe” à Hodeïda.

Pour l’Observatoire des armements, l’opération de déminage envisagée par Paris après l’arrêt des combats témoigne de la “schizophrénie” française.

“La France confirme qu’elle s’est résignée à l’offensive de la coalition, malgré les avertissements de l’Onu sur les conséquences catastrophiques pour les populations civiles”, a dit à Reuters Tony Fortin, chargé d’études au sein de cet observatoire français.

“Malgré l’étendue des crimes commis par la coalition, la coopération militaire entretenue avec Abu Dhabi se poursuit”, a-t-il ajouté. “La schizophrénie de la France est totale, alors qu’elle se pose aussi comme médiateur de ce même conflit, à travers l’organisation d’une conférence humanitaire le 27 juin.”

A ses yeux, un débat sur l’implication de la France dans ce conflit doit être organisé au Parlement “dans les plus brefs délais”.

John Irish et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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