June 15, 2018 / 8:05 AM / 3 months ago

L'Italien Conte à Paris sur fond de désaccords

PARIS (Reuters) - Le président du Conseil italien Giuseppe Conte est à Paris ce vendredi pour un déjeuner de travail avec Emmanuel Macron à l’Elysée après plusieurs jours de tensions entre la France et l’Italie sur la question migratoire alimentées par le sort des migrants de l’Aquarius.

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte est à Paris ce vendredi pour un déjeuner de travail avec Emmanuel Macron à l'Elysée après plusieurs jours de tensions entre la France et l'Italie sur la question migratoire alimentées par le sort des migrants de l'Aquarius. /Photo prisele 11 juin 2018/REUTERS/Tony Gentile

Les deux dirigeants se sont employés jeudi à faire retomber la pression en confirmant la tenue de cette rencontre sur laquelle planait une menace d’annulation et en convenant de la nécessité de mettre au point de nouvelles initiatives en vue du conseil européen de fin juin.

La question de l’accueil des migrants est devenue une source de crispations régulières entre Paris et Rome. Avant même l’arrivée au pouvoir à Rome d’un nouveau gouvernement populiste, l’Italie se plaignait depuis plusieurs années de devoir gérer seule le “fardeau” migratoire et a appelé ses partenaires européens à une plus grande solidarité.

Ces tensions ont été ravivées cette semaine par le refus de la coalition italienne, composée de la Ligue (extrême-droite) et du mouvement anti-système 5 étoiles (M5S), de laisser accoster l’Aquarius, un navire de l’ONG SOS Méditerranée, qui avait à son bord 629 migrants.

Cette décision a été dénoncée avec virulence en France, où Emmanuel Macron a notamment dénoncé “la part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien”, entraînant une riposte de Giuseppe Conte qui a dénoncé une “hypocrisie” française.

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a lui rappelé que la France s’était engagée à accueillir “9.816 migrants” arrivés ces dernières années en Italie mais qu’elle n’en avait accueilli que 640.

BRAS DE FER AVEC L’EUROPE

Malgré les déclarations d’apaisement jeudi - Emmanuel Macron a assuré n’avoir “tenu aucun propos visant à offenser l’Italie et le peuple italien” -, les désaccords persistent entre les deux pays membres fondateurs de l’Union européenne.

“C’est à l’Italie qu’il incombait d’accueillir ce bateau, elle a délibérément décidé de ne pas le faire, en méconnaissance de ses obligations internationales”, répète le Premier ministre Edouard Philippe dans un entretien à 20 Minutes publié vendredi.

“Je ne méconnais pas les difficultés que rencontre l’Italie, liées à l’afflux de migrants, c’est une problématique à laquelle l’Europe entière a essayé de trouver des réponses qui sont à l’évidence insuffisantes”, a-t-il ajouté. “Mais sur l’Aquarius, l’Italie a engagé un bras de fer avec les Européens”.

“Les options politiques qui sont tenues par le nouveau gouvernement italien ne sont pas exactement identiques aux nôtres, il n’est donc pas anormal qu’il y ait des échanges, des désaccords, ils sont formulés”, a-t-il poursuivi sur Radio Classique dans la matinée. “Ça ne veut pas dire qu’on doit être d’accord sur tout, ça veut dire qu’on doit se parler de tout”.

Au-delà de la crise migratoire, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, qui tiendront une conférence de presse commune vers 14h45, aborderont également l’agenda bilatéral et la réforme de la zone euro en vue du conseil européen des 28 et 29 juin à Bruxelles, selon l’Elysée.

Marine Pennetier, édité par Yann Le Guernigou

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