June 13, 2018 / 7:46 AM / 2 months ago

Les propos de Macron sur le "pognon" des aides sociales critiqués à gauche

PARIS (Reuters) - Les propos tenus par Emmanuel Macron dans une vidéo sur les aides sociales qui coûteraient “trop de pognon” sans sortir “les gens de la pauvreté” lui ont valu les critiques de l’opposition, qui y a vu une nouvelle illustration de sa pensée libérale.

Les propos tenus par Emmanuel Macron dans une vidéo sur les aides sociales qui coûteraient "trop de pognon" sans sortir "les gens de la pauvreté" lui ont valu les critiques de l'opposition, qui y a vu une nouvelle illustration de sa pensée libérale. /Photo prise le 11 juin 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Cet enregistrement a été diffusé par sa conseillère en communication Sibeth Ndiaye sur Twitter dans la nuit de mercredi à jeudi, avant un discours du chef de l’Etat devant le 42e congrès de la Mutualité française à Montpellier, censé “redonner de la cohérence à l’approche sociale” de l’exécutif.

“On met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif”, dit-il dans cet enregistrement d’une réunion de travail à l’Elysée. “Donc, toute notre politique sociale, c’est qu’on doit mieux prévenir, ça nous coûtera moins ensemble, et on doit mieux responsabiliser tous les acteurs.”

“On met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens, ils sont quand même pauvres, on n’en sort pas. Les gens qui naissent pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres ils restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir”, ajoute-t-il. “Sur la santé c’est pareil.”

Dans son discours prononcé au Congrès de la Mutualité, Emmanuel Macron a réitéré ses propos en invoquant les bases de la Sécurité sociale mises en place par le Conseil national de la résistance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

“CADEAUX AUX ULTRA-RICHES”

“Notre mission, c’est de renouer avec cet esprit, de ne pas avoir peur du changement car la société a changé et non de nous faire les vestales d’un ordonnancement social que depuis 25 ans l’évolution du monde, des mœurs, de la société est venu ébranler sur ses bases et dont il est venu saper l’efficacité”, a-t-il dit. “Nous pourrions, nous aussi après tant d’autres, céder à l’adoration des totems, mais je préfèrerai toujours la justice sociale effective aux incantations, et l’efficacité au fétichisme.”

Le chef de l’Etat a notamment confirmé à Montpellier sa promesse de prise en charge à 100% des lunettes, prothèses dentaires et auditives en 2022. [L8N1TF37S]

L’opposition de gauche a critiqué les propos tenus par le chef de l’Etat dans la vidéo postée par l’Elysée.

“Comme d’habitude, Macron flatte les égoïsmes et surfe sur les clichés - les pauvres ne font pas d’efforts, trop d’aides - afin de promouvoir une politique libérale qui ne fera qu’accroître la détresse et pauvreté”, a ainsi réagi le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, sur Twitter.

Le dirigeant de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi interpellé le président sur Twitter.

“Monsieur #Macron, ce qui coûte un “pognon de dingue”, c’est vous et vos cadeaux aux ultrariches. Il y a une solution simple pour en finir avec la pauvreté. Elle s’appelle le partage des richesses. Vous faites exactement l’inverse”, a-t-il écrit.

Jean-Michel Clément, ex-député La République en marche de la Vienne qui s’est retiré du groupe majoritaire après son vote contre la loi asile et immigration, a jugé la forme de la communication “un peu provocatrice”.

“Ensuite je crois que c’est mal connaître la situation de nos concitoyens”, a-t-il déclaré sur LCP.

Pour le dirigeant du MoDem François Bayrou, il y a nécessité d’expliquer la politique menée.

“Il n’y a pas, spécialement en France, de politique qui soit digne de ce nom et susceptible de durer si cette politique ne porte pas, en même temps qu’un projet économique (...) un projet de société qui donne de l’espoir à ceux qui ne sont pas nés du bon côté, du côté favorisé, du côté de ceux qui ont à la fois des facilités dans le verbe avoir et dans le verbe pouvoir”, a-t-il déclaré devant l’Association des journalistes européens.

Interrogé par RTL, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a pour sa part pris la défense du chef de l’Etat, à qui il a donné raison en expliquant que l’on dépensait beaucoup d’argent pour la politique sociale.

“Mais il faut que cet argent soit bien employé, c’est-à-dire qu’il permette à tous ceux qui en bénéficient de sortir de la pauvreté, de sortir du chômage, de sortir de l’inactivité et c’est là que le bât blesse”, a-t-il ajouté. “Ce n’est pas le cas et c’est exactement ce que le président de la République veut régler et ce que nous voulons tous régler.”

Marine Pennetier et Emmanuel Jarry, avec Jean-Baptiste Vey, Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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