June 11, 2018 / 5:12 AM / 5 months ago

Pour le N°1 de FO le gouvernement pousse à la radicalité

PARIS (Reuters) - Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a accusé dimanche le gouvernement de pousser à la radicalisation sociale en refusant d’entendre les corps intermédiaires, notamment les syndicats.

Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a accusé dimanche le gouvernement de pousser à la radicalisation sociale en refusant d'entendre les corps intermédiaires, notamment les syndicats. /Photo prise le 7 mai 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

“Nous avons un problème de méthode (...) qui est ‘je pense donc tu suis, j’avance tout seul (...), je ne m’intéresse pas aux contrepoids, qu’il soit syndicats (ou) Parlement, je ne m’occupe pas localement des revendications (...) et je passe en force sans les écouter’”, a-t-il déclaré sur France Inter.

“Il faut qu’on fasse très attention à ce qu’on ne pousse pas les personnels, les salariés, à une forme de radicalité, en leur refusant la négociation”, a-t-il ajouté.

Il a estimé que la faible mobilisation constatée lors des dernières manifestations, loin d’être rassurante sur l’état de l’opinion, constituait un symptôme inquiétant.

“C’est très inquiétant sur un plan démocratique parce que ça veut dire que vous avez des salariés qui considèrent que ça ne sert plus à rien d’aller manifester pacifiquement, que ça ne sert plus à rien de donner une journée de grève”, a-t-il dit.

“Ça veut dire qu’on sombre dans la radicalité, on sombre dans la violence (...) La prochaine fois, ça ne sera pas une chemise arrachée, ce sera insurrectionnel”, a-t-il ajouté, en faisant allusion aux deux cadres d’Air France malmenés par des manifestants lors d’un conflit social en octobre 2015.

Pascal Pavageau a également cité le récent cas de l’hôpital psychiatrique de Rouen, où des salariés ont fait la grève de la faim pour obtenir la création de 30 postes ou l’actuel mouvement contre la réforme de la SNCF.

Il a estimé que le gouvernement prenait “une responsabilité historique” en refusant d’entendre les contrepoids que sont les syndicats et en poussant le patronat à ne plus travailler avec ces derniers - “Le patronat n’a même plus besoin de demander, le gouvernement le lui sert sur un plateau”.

“Démocratiquement, ça va se payer (...), c’est extrêmement dangereux”, a averti le secrétaire général de FO.

Il s’est cependant montré très peu enclin à suivre le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur le terrain d’une “convergence des luttes” et d’une récupération politique des mouvements sociaux.

Il a jugé “datée” la formule “convergence des luttes”, critiqué “la logique d’utilisation d’ordre politicienne” des mouvements sociaux et dis sa préférence pour l’unité d’action syndicale. “On a toujours été plutôt sur la logique d’actions communes des organisations syndicales”, a-t-il souligné.

Emmanuel Jarry

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