May 9, 2018 / 3:12 PM / 7 months ago

L'incident au Samu relève d'une erreur humaine selon Buzyn

PARIS (Reuters) - La mort au mois de décembre d’une jeune femme, dont l’appel au Samu de Strasbourg (Bas-Rhin) n’a pas été pris au sérieux, est imputable à une “erreur humaine” et non à un manque de moyens, a déclaré mercredi la ministre française de la Santé.

La mort au mois de décembre d'une jeune femme, dont l'appel au Samu de Strasbourg (Bas-Rhin) n'a pas été pris au sérieux, est imputable à une "erreur humaine" et non à un manque de moyens, a déclaré mercredi la ministre française de la Santé. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol

“Nous sommes sur un cas particulier, individuel et quand on entend cette conversation on voit bien que ce n’est pas un problème de moyens”, a déclaré Agnès Buzyn sur franceinfo.

“On voit bien que c’est un problème de quelqu’un qui n’a absolument aucune empathie, qui n’applique pas une procédure, qui se moque de quelqu’un de malade”, a-t-elle ajouté, parlant également d’une erreur humaine” et d’un “dysfonctionnement à l’échelon individuel”.

Le procureur de Strasbourg a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête préliminaire pour non-assistance à personne en péril.

La diffusion par le site d’information alsacien Heb’di de l’enregistrement d’un appel passé au Samu par Naomi M., âgée de 22 ans, le 29 décembre a soulevé une vague d’indignation et ouvert un débat sur le fonctionnement des urgences en France.

On y entend la jeune femme se plaindre de douleurs et, à l’autre bout du fil, une opératrice lui répondre par l’ironie (“vous allez mourir certainement un jour, comme tout le monde”) avant de l’inviter sèchement à contacter SOS-Médecins.

Prise en charge plusieurs heures après cet échange, Naomi M. a finalement succombé à une “défaillance multiviscérale”, selon le récit de cette journée qu’en a fait Heb’di.

Mardi, Agnès Buzyn s’est dite “profondément indignée”, via Twitter, et a annoncé une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas).

Sur franceinfo, la ministre de la Santé a souligné que le Samu recevait environ 25 millions d’appels chaque année et que “dans l’immense majorité des cas, ces appels sont merveilleusement traités”.

Pour autant, il existe bien un problème structurel dans les centres où les soignants sont “épuisés, stressés, en burn-out” et donc “détachés de la souffrance du patient”, a alerté le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, dans un “appel au secours” lancé au Parisien.

Selon lui, il faut remédier à ces défaillances “en recrutant massivement du personnel dans les centres de régulation et surtout avec une vraie remise en question de l’organisation des secours en France”.

Agnès Buzyn recevra lundi deux organisations de médecins urgentistes.

Les annonces que doit faire Emmanuel Macron “avant l’été” sur la réorganisation du système de santé “prendront en compte évidemment d’éventuelles modifications sur le traitement des urgences en général”, a-t-elle par ailleurs dit sur franceinfo.

Simon Carraud, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse

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