May 9, 2018 / 3:12 PM / 6 months ago

Deux noyades près des campements de migrants à Paris

PARIS (Reuters) - Deux personnes dont au moins un migrant sont mortes noyées aux abords des campements parisiens du canal Saint-Martin et Saint-Denis, à l’heure où de nouvelles évacuations se préparent contre la reconstitution de camps précaires totalisant près de 2.000 personnes dans la capitale.

Canal Saint-Denis à Paris. Deux personnes dont au moins un migrant sont mortes noyées aux abords des campements parisiens du canal Saint-Martin et Saint-Denis, à l'heure où de nouvelles évacuations se préparent contre la reconstitution de camps précaires totalisant près de 2.000 personnes dans la capitale. /Photo prise le 6 avril 2018/REUTERS/Benoit Tessier

Un Afghan d’une vingtaine d’années s’est noyé dans la nuit de lundi à mardi vers une heure du matin quai de Valmy, dans le 10ème arrondissement de Paris. Le parquet de Paris a ouvert une enquête en recherches des causes de la mort, a-t-on appris de source judiciaire.

Par ailleurs, un noyé non identifié a été repêché dimanche à Aubervilliers dans le canal Saint-Denis, en aval du campement dit du Millénaire, a-t-on appris de source judiciaire. Selon le Parisien, il pourrait s’agir d’un homme d’origine somalienne.

Les associations dénombrent plus de 2.000 migrants s’abritant dans des tentes de fortune à Paris, concentrées sous les ponts du canal saint-Denis près la porte de la Villette (19e), mais aussi du canal Saint-Martin (10e) et de la porte de la Chapelle (18e).

Le cabinet du préfet d’Ile-de-France Michel Cadot a confirmé vendredi qu’une réflexion était en cours sur une “mise à l’abri” des migrants du Millénaire (principalement des Erythréens, des Soudanais et des Somaliens) dans les prochaines semaines. Près de 500 tentes y sont recensées par la préfecture de région, soit au moins un millier d’occupants.

Une quinzaine d’associations présentes en Île-de-France ont alerté la semaine dernière sur le sort de ces migrants, contraints à survivre dans des “conditions inacceptables”.

“La future opération d’évacuation de campements urbains résulte une fois de plus de l’insuffisance de moyens d’accueil dignes et pérennes à la hauteur des besoins, pourtant prévisibles”, estime dans un communiqué la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

Le centre de premier accueil de la porte de la Chapelle a fermé fin mars après un an et demi de fonctionnement ; ses 450 places de prise en charge immédiate sont appelées à être remplacées par cinq centres à Paris et dans les départements voisins, totalisant 750 places.

“Il y a trop d’enfants, de vieilles femmes dans ce camp”, estimait vendredi un des occupants du Millénaire, Yosef Hokri, Erythréen d’une vingtaine d’années passé par l’Italie et débouté de l’asile en Suisse, pointant du doigt une mère et son bébé.

“Il y a plusieurs pays, plusieurs langues, tout le monde est angoissé parce qu’on veut des papiers, du travail, alors les gens boivent, ils se battent avec des couteaux”, décrivait-il, “c’est leur vie”.

Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

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