May 8, 2018 / 7:40 PM / 6 months ago

Iran: Les Européens "préoccupés", appellent à la responsabilité

PARIS (Reuters) - La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont exprimé mardi leur “préoccupation” après la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien, et ont appelé l’ensemble des parties à la responsabilité et à la retenue.

Londres, Paris et Berlin ont exprimé mardi dans un communiqué commun leur "préoccupation" après la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et ont appelé toutes les parties signataires à la "responsabilité". /Photo prise le 8 mai 2018/REUTERS/Jonathan Ernst

“C’est avec regret et préoccupation que nous, dirigeants de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, prenons note de la décision du Président Trump de procéder au retrait des Etats-Unis”, ont réagi dans un communiqué commun Emmanuel Macron, Angela Merkel et Theresa May.

“Ensemble, nous soulignons notre engagement continu en faveur du JCPOA (...) Nous appelons toutes les parties à continuer de souscrire à sa pleine mise en œuvre, et à agir dans un esprit de responsabilité”, ont indiqué le président français, la chancelière allemande et la Première ministre britannique.

Les trois dirigeants appellent notamment les États-Unis à “faire en sorte que les structures du JCPOA soient gardées intactes, et à éviter toute mesure qui empêcherait sa pleine mise en œuvre par les autres parties” et encouragent l’Iran à faire preuve de “retenue dans sa réponse à la décision américaine”.

Signé par l’Iran, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne, le JCPOA (Plan d’action global conjoint) a mis en place en 2015 un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée progressive des sanctions contre Téhéran.

Conclu après d’intenses tractations, ce texte est dans le collimateur de Donald Trump qui depuis son accession à la Maison blanche en janvier 2017 n’a pas eu de mots assez forts contre un accord “désastreux” et “terrible” qui n’aurait jamais dû être signé.

MISE EN OEUVRE DE L’ACCORD

Le 12 janvier dernier, le président américain avait franchi une étape supplémentaire en donnant aux Européens jusqu’au 12 mai pour réparer les “terribles lacunes” de ce texte. S’exprimant depuis la Maison blanche mardi, il a annoncé le retrait des Etats-Unis et le rétablissement de sanctions contre Téhéran à l’issue de périodes transitoires de 90 et 180 jours.

“Nous, les E3, resterons parties au JCPOA”, préviennent Emmanuel Macron, Theresa May et Angela Merkel. “Nos gouvernements restent déterminés à assurer la mise en oeuvre de l’accord, et travailleront à cet effet avec les autres parties qui resteront engagées dans ce cadre collectif, y compris en assurant le maintien des bénéfices économiques liés à l’accord au profit de l’économie et la population iraniennes”.

Bien qu’attendue, l’annonce de Donald Trump constitue un coup dur pour les Européens qui se sont employés ces dernières semaines à tenter de convaincre le locataire de la Maison blanche de rester au sein de cet accord.

Emmanuel Macron avait notamment proposé fin avril lors de sa visite d’Etat à Washington un “nouvel accord” visant à prendre en compte l’activité balistique et les activités militaires de Téhéran dans la région.

Quelques jours plus tard, Angela Merkel avait également tenté d’amadouer une dernière fois Donald Trump en faisant valoir que l’accord conclu sous l’administration Obama avait permis de réduire les activités nucléaires de l’Iran et de mieux les contrôler. En vain.

Dans les colonnes du JDD dimanche, Emmanuel Macron ne semblait pas se faire d’illusions, indiquant savoir “parfaitement” que la politique étrangère de Donald Trump répondait “toujours à ses objectifs de politique intérieure”.

Premier dirigeant européen à réagir, le chef de l’Etat a exprimé mardi sur Twitter son souhait de travailler “collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak.”

Les décisions prise par Donald Trump sur l’accord iranien et sur le commerce rencontreront “une réponse européenne commune”, a indiqué de son côté le président du Conseil européen Donald Tusk sur Twitter. “Les leaders européens traiteront des deux sujets la semaine prochaine au sommet de Sofia” Union européenne-Balkans occidentaux le 17 mai.

Marine Pennetier, édité par Marc Joanny

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below