May 3, 2018 / 9:49 AM / 5 months ago

Macron en Nouvelle-Calédonie sous le signe de la gravité

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a commencé jeudi un voyage de trois jours en Nouvelle-Calédonie au cours duquel il multipliera les marques de reconnaissance de la relation complexe entre l’Etat et la collectivité, six mois avant le référendum sur l’indépendance et 30 ans après les violences meurtrières sur l’île d’Ouvéa.

Emmanuel Macron a commencé jeudi un voyage de trois jours en Nouvelle-Calédonie au cours duquel il multipliera les marques de reconnaissance de la relation complexe entre l'Etat et la collectivité, six mois avant le référendum sur l'indépendance et 30 ans après les violences meurtrières sur l'île d'Ouvéa. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

A son arrivée, le président a souligné “cette histoire partagée, faite d’ombre et de lumière” et évoqué les “moments importants de notre histoire commune, des moments qui ont pu être parfois douloureux” et “des moments dont nous pouvons être fiers comme les 20 ans des accords de Nouméa”.

Samedi, il deviendra le premier chef de l’Etat à se rendre sur l’île d’Ouvéa, où quatre gendarmes et 19 indépendantistes ont été tués en avril-mai 1988, les premiers par des indépendantistes et les seconds par les forces de sécurité, lors de violences culminant avec l’assaut de la grotte dite d’Ouvéa le 5 mai.

“Ce temps mémoriel est important parce qu’on ne fait rien de bon en négligeant une part de son histoire, quels qu’en soient les contours”, a ajouté Emmanuel Macron.

Alors que certains dénoncent la venue du chef de l’Etat devant la stèle en mémoire des 19 indépendantistes, l’Elysée a assuré que “les conditions sont réunies pour que ce déplacement puisse avoir lieu”.

Emmanuel Macron ne prononcera pas de discours et se recueillera sur trois sites, celui honorant la mémoire des gendarmes, celui honorant celle des 19 indépendantistes et sur les lieux où les responsables indépendantistes Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné ont été tués par un indépendantiste un an plus tard.

“Ces gestes ont été préparés avec les familles, le président est très respectueux du deuil, de la douleur et de la peine de certaines familles et respecte la réaction de chacune des familles”, a précisé la présidence.

Le même jour, il fera un autre geste symbolique en remettant au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l’acte de 1853 de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, avant de prononcer un discours à Nouméa.

Lors de son déplacement, Emmanuel Macron “n’exprimera pas de position vis-à-vis du référendum” du 4 novembre, précise-t-on, alors que les observateurs attendent une victoire assez large du “non” à l’indépendance.

Il s’entretiendra avec les forces politiques locales de l’avenir du territoire, en laissant ouvertes les deux options pour l’après-4 novembre, et il ne se substituera pas aux travaux sur la préparation de l’avenir menés au sein du Comité des signataires de l’accord de Nouméa, prévient-on.

Il rencontrera vendredi des lycéens à Pouembout, dans la province Nord, puis des habitants et acteurs locaux d’un quartier considéré sensible de Nouméa et rencontrera les membres de la Communauté du Pacifique, organisation internationale actuellement présidée par la Nouvelle-Calédonie.

Jean-Baptiste Vey et Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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