May 1, 2018 / 2:46 PM / 6 months ago

1er-Mai: 200 interpellations dans le cortège parisien

PARIS (Reuters) - La préfecture de police de Paris a interpellé mardi plus de 200 individus après des heurts qui ont éclaté entre les forces de l’ordre et des “black blocs” qui avaient pris la tête du cortège pour les manifestations du 1er-Mai.

Des heurts ont éclaté mardi après-midi à Paris entre les forces de l'ordre et des individus cagoulés et masqués souhaitant s'en prendre aux "symboles du capitalisme" qui ont pris la tête du cortège pour les manifestations du 1er-Mai. /Photo prise le 1er mai 2018/REUTERS/Christian Hartmann

Près de 1.200 “black blocs”, des individus cagoulés et masqués, se sont infiltrés dans “le pré-cortège” de la manifestation du 1er-mai organisée par les unions syndicales régionales d’Île-de-France.

Rassemblés au niveau du pont d’Austerlitz, dans l’est de Paris, ils ont brisé des vitrines le long du boulevard de l’Hôpital, dans le 13e arrondissement, saccageant notamment un restaurant McDonald’s, et détruit les véhicules d’un concessionnaire, incendié un engin de chantier et lancé des projectiles sur les forces de l’ordre.

Les policiers, qui ont attendu quelques minutes avant d’intervenir, ont répliqué avec un canon à eau et des gaz lacrymogènes.

Une quarantaine des personnes interpellées ont été orientées dans les commissariats pour des suites judiciaires, a déclaré à la presse, le préfet de police, Michel Delpuech. Les forces de l’ordre ont également arrêté trois individus pour des jets de projectiles et quatre personnes pour port d’armes prohibées.

Le préfet de police a ajouté que les autorités disposaient d’images qu’elles exploiteront pour “identifier les auteurs, les interpeller et les déferrer à la justice”.

QUATRE BLESSÉS LÉGERS

Un policier a été légèrement blessé dans l’opération, ayant reçu un projectile dans le dos. Trois autres personnes ont également été prises en charge par les sapeurs-pompiers de Paris pour des blessures légères.

Le cortège parisien, qui devait partir initialement de la place de la Bastille pour se diriger vers la place d’Italie via le pont d’Austerlitz, a modifié son trajet pour passer par le pont Charles de Gaulle.

Selon la police, 20.000 manifestants ont pris part au cortège, 55.000 selon la CGT.

“Je condamne avec une absolue fermeté les violences qui ont eu lieu aujourd’hui et qui ont dévoyé les cortèges du 1er mai. Tout sera fait pour que leurs auteurs soient identifiés et tenus responsables de leurs actes”, a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter. Le président est en visite en Australie.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui explique avoir été bloqué sur le pont d’Austerlitz, a parlé de “mouvements de panique” dans les rangs des manifestants composés de familles.

Il estime que la réponse des services de police n’a pas été satisfaisante, d’autant plus que la préfecture avait dit lundi craindre des violences et des dégradations de la part de groupes extrémistes. Ces derniers avaient lancé un appel sur les réseaux sociaux pour faire vivre “une journée en enfer” aux représentants de l’Etat et s’en prendre aux “symboles du capitalisme”.

Selon le secrétaire général du syndicat Unité SGP Police de Force ouvrière, Yves Lefebvre, “le problème est que les mesures n’ont pas été prises sans doute en amont”.

“On les reconnaît ces individus. Ils arrivent avec des sac-à-dos. On ne trouve pas un cocktail Molotov, des caillasses dans une poche de jean. Donc on les interpelle à la sortie du métro”, a-t-il dit sur BFMTV.

ÉVITER “UNE DOUBLE FAUTE”

Interrogé sur le délai d’intervention des policiers à la suite des premières dégradations, Michel Delpuech a répondu qu’une réaction directe de la police aurait constitué “une double faute”.

“Les exactions auraient eu lieu, mais en plus, nos forces de l’ordre seraient exposées à des personnes qui les agresseraient de manière délibérée avec des jets de projectiles (...) et on aurait à la fois des hommes au tapis et à la fois, derrière, des vitrines et les magasins qui brûleraient”, a-t-il dit.

Les partis d’opposition ont réagi aux événements, certains incriminant le gouvernement, d’autres imputant les violences à l’extrême-droite ou à l’extrême-gauche.

“Terribles images aujourd’hui pour notre pays. Faillite de l’État régalien. Il est urgent de rétablir l’autorité”, a déclaré le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, sur Twitter.

“Inacceptable saccage de Paris par les milices d’extrême-gauche, galvanisées par le laxisme du pouvoir. Il est temps de frapper fort sur ces agitateurs professionnels!”, a écrit pour sa part sur le réseau social, la présidente du Front national, Marine Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon a tweeté de son côté: “Insupportables violences contre la manifestation du premier mai. Sans doute des bandes d’extrême-droite.”

Pour le préfet de police, l’hypothèse avancée par le leader de la France insoumise est peu probable. “Je n’ai pas le sentiment que des militants d’ultra-droite seraient les bienvenus dans un cortège de 14.500 personnes qui se réclament plutôt de l’ultra-gauche”, a-t-il dit à la presse.

Caroline Pailliez avec Lucien Libert, édité par Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse

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