May 1, 2018 / 10:01 AM / 7 months ago

Un 1er-Mai syndical en ordre dispersé en France

PARIS (Reuters) - Quelque 143.500 personnes, selon les autorités, 210.000 selon la CGT, ont défilé mardi sur le territoire dans le cadre des manifestations pour le 1er-mai, une journée de fête du Travail marquée par la désunion syndicale.

Manifestations, conférence de presse, projection d'un film, les organisations syndicales, qui sont divisées sur la ligne de conduite à adopter face aux réformes sociales du gouvernement, tiennent des actions dispersées en ce 1er-Mai. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Près de 109.000 personnes, en dehors de la capitale, ont pris part aux 240 manifestations organisées par la CGT, selon le ministère de l’Intérieur.

A Paris, où la manifestation a été fortement perturbée par des violences entre les forces de l’ordre et un groupe de 1.200 “black blocs”, les mobilisations ont réuni 14.500 personnes “appartenant aux mouvances d’ultra-gauche”, ainsi que 20.000 personnes qui ont pris part au cortège “dans le calme”, selon le Premier ministre, Edouard Philippe.

La CGT a recensé pour sa part 55.000 participants.

L’année dernière, 142.000 personnes avaient défilé dans les rues en France, selon le ministère de l’Intérieur, dont 30.000 à Paris.

Malgré les perturbations, la CGT a parlé “d’une réussite”.

“La mobilisation contre la régression sociale grandit dans tout le pays”, a-t-elle écrit par communiqué. “Le président Macron et son gouvernement doivent entendre l’exigence sociale et prendre la mesure des oppositions grandissantes à sa politique qui flatte les plus riches.”

La CGT, qui entendait faire de la fête du Travail une journée de rapprochement des salariés, a été boudée par les autres organisations représentatives du privé, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC qui ont donné une fin de non-recevoir à toute action unitaire.

Le secrétaire général de la centrale, Philippe Martinez, a dit sur BFMTV “regretter” cette décision mais ne désespère pas de tenir une journée d’action interprofessionnelle “avant la fin du mois de mai”.

La CFDT avait opté elle pour un 1er-mai “revendicatif et culturel”, avec la CFTC et l’Unsa, deux autres syndicats dits réformistes. A Paris, elle a projeté le film “7 Minuti” du réalisateur italien Michele Placido, qui traite de dialogue social et de négociation collective.

“Je ne suis ni pour la convergence des luttes, ni pour l’écrasement des revendications et des conflits”, a expliqué Laurent Berger dimanche au Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNews.

CLIMAT SOCIAL TENDU

Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a pour sa part donné une conférence de presse dans la capitale pour “présenter les grandes orientations de Force ouvrière” issues du 24e congrès réuni la semaine passée à Lille.

“Les confédérations ne se sont pas, peut-être, suffisamment vues et réunies pour essayer de faire (...) une sorte de bilan commun ou de diagnostic commun sur ce qu’il se passe”, a-t-il dit mardi sur France Info.

Contrairement à son prédécesseur, Jean-Claude Mailly, il croit en la nécessité de mener une mobilisation interprofessionnelle et compte contacter cette semaine ses homologues pour en discuter.

Le climat social est particulièrement tendu en France, entre les cheminots de la SNCF qui ont déclenché le 3 avril une grève par intermittence pour dénoncer la réforme du ferroviaire, les syndicats de la fonction publique qui s’opposent à la refonte du service public, ou encore certains étudiants, vent debout contre la loi modifiant l’accès à l’université.

A cela se greffent des mobilisations dans le secteur privé. L’intersyndicale d’Air France, par exemple, a appelé à quatre nouveaux jours de grève en mai.

MACRON SE DÉFEND D’”ESQUIVER” LES CONFLITS

Emmanuel Macron, qui est arrivé dans la matinée heure française en Australie pour une visite destinée à renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays, s’est défendu “d’esquiver” les conflits sociaux.

“Vous vouliez que je fasse quoi? Que je reste chez moi à regarder la télévision? J’ai autre chose à faire, je continue à travailler”, a-t-il déclaré à son arrivée à l’aéroport international de Sydney.

“Je continue partout à développer les partenariats stratégiques pour la France, à lutter contre les insécurités (...) C’est mon travail”, a poursuivi le chef de l’Etat, ajoutant que “les réformes continuent à être menées chaque jour” et “(continueront) à l’être”.

Des partis politiques ont pris part à cette journée de mobilisation.

Le fondateur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a défilé à Marseille. “Depuis le début je me bats pour qu’il y ait une jonction entre le mouvement social et les forces politiques. C’est en train de se faire”, a-t-il déclaré à la presse, en précisant entendre une ouverture dans le discours de Philippe Martinez à ce sujet.

Son organisation a appelé à une manifestation le 5 mai à Paris avec pour intitulé: “pour dire ‘Stop Macron!’”.

A Marseille, les manifestations ont réunie 20.000 personnes selon les organisateurs, et 4.200, selon la police. A Bordeaux, elles ont rassemblé 10.000 personnes selon les organisateurs, 3.000 selon la police. A Lyon, entre 5.500 selon la préfecture de police, et 8.000 personnes selon les syndicats, ont défilé dans un climat tendu, sous haute protection policière.

Avec Lucien Libert à Paris, Catherine Lagrange à Lyon, Jean-François Rosnoblet à Marseille, Claude Canellas à Bordeaux, édité par Jean-Stéphane Brosse

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