April 30, 2018 / 8:19 AM / 5 months ago

Journée meurtrière pour les journalistes en Afghanistan

KABOUL (Reuters) - Dix journalistes ont été tués lundi en Afghanistan, dont neuf reporters et photographes dans un attentat suicide à Kaboul. Le dixième est un journaliste travaillant pour le service en langue pachtoune de la BBC, qui a été abattu par des inconnus à Khost, dans l’est du pays.

Dix journalistes ont été tués lundi en Afghanistan, dont neuf reporters et photographes dans un attentat suicide à Kaboul. Le dixième est un journaliste travaillant pour le service en langue pachtoune de la BBC, qui a été abattu par des inconnus à Khost, dans l'est du pays. /Photo prise le 30 avril 2018/REUTERS/Omar Sobhani

Il s’agit de la journée la plus meurtrière pour les médias dans l’histoire de l’Afghanistan, pays particulièrement dangereux où plus de 80 journalistes et employés d’organes médiatiques ont été tués depuis 2001, dont 20 rien que l’an dernier.

Deux explosions coordonnées ont touché la capitale afghane, Kaboul, lundi matin à l’heure de pointe, faisant 26 morts dont neuf journalistes venus couvrir la première explosion et qui ont apparemment été visés par un kamikaze, ont annoncé les autorités.

Quelques heures plus tard, un kamikaze à bord d’un véhicule a attaqué des militaires étrangers dans la province de Kandahar, dans le sud du pays, tuant 11 enfants qui étaient en train d’étudier dans une école religieuse non loin de là, a annoncé la police.

Le double attentat de Kaboul a été revendiqué par l’Etat islamique.

Un responsable de la police a précisé qu’outre les 26 morts, une soixantaine de personnes étaient gravement blessées.

Cette double explosion intervient une semaine après un attentat suicide dans un centre d’enregistrement électoral de l’ouest de Kaboul qui a fait 60 morts.

Selon la Commission de sécurité des journalistes afghans (AFJC), neuf journalistes ont été tués lundi à Kaboul, dont deux ont succombé à leurs blessures à l’hôpital.

Huit des victimes étaient employées par des médias afghans : deux pour la chaîne de télévision Mashal, deux pour 1TV, trois pour Radio Azadi et un pour la chaîne d’informations en continu Tolo News.

Le neuvième est le photographe en chef de l’Agence France-Presse en Afghanistan, Shah Marai, qui travaillait pour l’agence depuis 22 ans, dont 16 en tant que photographe.

LES JOURNALISTES CIBLÉS

Les journalistes tués, tous de nationalité afghane et parmi lesquels se trouvait une femme, ont été victimes de la seconde explosion alors qu’ils attendaient près d’un cordon de sécurité près du ministère du Logement, à plusieurs centaines de mètres du site de la première explosion, qui s’est produite près de bâtiments des services secrets (NDS).

La seconde explosion a eu lieu environ une demi-heure après la première.

Au moins cinq journalistes, dont un photographe de Reuters, figurent parmi les blessés.

Selon Najib Danish, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, le kamikaze s’est semble-t-il fait passer pour un journaliste - il a montré une carte de presse - et s’est fait exploser parmi les journalistes et les responsables des services de santé.

Les médias n’avaient pas été la cible directe d’un attentat de cette ampleur depuis l’attaque de la chaîne Tolo News qui avait fait sept morts en 2016. Elle avait été revendiquée par les taliban.

A Khost, le journaliste Ahmad Shah, reporter du service en langue pachtoune de la BBC, également collaborateur de l’agence Reuters, a été tué par balles par des inconnus alors qu’il regagnait son domicile en voiture, en banlieue de Khost. Il était âgé de 29 ans.

Depuis le début de l’année, des centaines de personnes ont été tuées ou mutilées dans des attentats suicide commis par des islamistes malgré la proposition faite par le président Ashraf Ghani de négociations de paix “sans conditions préalables”.

Les taliban afghans ont annoncé la semaine dernière le début de leur traditionnelle offensive de printemps, rejetant ainsi les négociations de paix proposées par le gouvernement afghan.

Avec Omar Sobhani et Abul Aziz Ibrahimi à Kaboul et Ali Abdelati au Caire; Benoit Van Overstraeten, Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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