April 27, 2018 / 9:16 AM / in 8 months

1.400 entreprises veulent une autoroute concédée Poitiers-Limoges

BORDEAUX (Reuters) - Faute de volonté politique, 1.400 chefs d’entreprises se mobilisent en Haute-Vienne pour désenclaver leur département et assurent pouvoir trouver en fonds privés 60% du financement d’un projet d’autoroute concédée pour la RN 147 Limoges-Poitiers.

Faute de volonté politique, 1.400 chefs d’entreprises se mobilisent en Haute-Vienne pour désenclaver leur département et assurent pouvoir trouver en fonds privés 60% du financement d’un projet d’autoroute concédée pour la RN 147 Limoges-Poitiers. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

     L’Etat s’oppose à la construction d’une autoroute, le Conseil départemental mise sur des aménagements de l’actuelle route nationale pour des raisons de coût et le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre les deux villes a été abandonné.

“La RN147 est dangereuse et il faut de deux heures à deux heures et demie pour parcourir les 120 kilomètres qui séparent Poitiers et Limoges. Nous voulons désenclaver notre région”, déclare Thierry Debourg, président du Medef de Haute-Vienne.

Pour Thierry Dufourcq, directeur de la société Reviplast qui valorise des déchets plastiques, le manque de liaison adapté vers l’Ouest freine le développement économique de l’ex-Limousin, aujourd’hui intégré à la Région Nouvelle-Aquitaine.

“Nous collectons notre matière première dans un rayon de 300 à 400 kilomètres autour de Limoges. On travaille facilement sur Bordeaux, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Paris mais on travaille très peu sur Poitiers et au-delà tout l’Ouest parce qu’on n’a pas de transporteur qui veulent y aller, sinon à un prix exorbitant”, souligne le chef d’entreprise.

Pour parvenir à ses fins, “Unis pour entreprendre” a pris pour exemple l’autoroute concédée A65 reliant Langon à Pau dans l’ancienne région Aquitaine.

Ouverte en 2010 sur un nouveau tracé, elle a été concédée pour une durée de 55 ans au groupe A’lienor (65% Eiffage et 35% Sanef) pour un coût de 1,2 milliard d’euros, intégralement financé par le concessionnaire.

“Pau-Langon, ça vaut 23,40 euros le parcours, c’est la plus chère de France, mais ça fonctionne”, assure Pierre Massy, le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Limoges, qui cite aussi l’A88 et l’A150 concédées en Normandie.

Pierre Massy, qui est aussi vice-président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), assure que deux concessionnaires sont intéressés.

“On a un modèle économique. Avec 4.000 voitures par jour et 700 camions, l’autoroute est rentable”, explique-t-il en ajoutant que, sur cette base, il est possible de lever entre 600 et 700 millions d’euros sur les 900 millions nécessaires.

Le solde serait fourni par le Contrat de plan Etat-Région qui, selon Pierre Massy, prévoit 210 millions d’euros pour la Vienne et à la Haute-Vienne.

Mais pour Claude Leblois, le président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, “cette solution miracle ferait payer aux haut-viennois deux fois”, par le biais de l’impôt puis une seconde fois au péage.

“Les 60% annoncés comme financés par le secteur privé ne relèvent pas d’une action philanthropique mais bien d’un investissement qui sera rétribué ensuite par la concession”, dit-il.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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