April 24, 2018 / 5:51 AM / 7 months ago

Macron reçu en grande pompe par Trump à Washington

par Marine Pennetier et Steve Holland

Emmanuel Macron a été reçu lundi en grande pompe à Washington par Donald Trump au premier jour d'une visite d'Etat que la France et les Etats-Unis veulent riche en symboles et en démonstrations d'amitié en dépit des divergences persistantes sur l'Iran, le commerce et le climat. /Photo prise le 23 avril 2018/REUTERS/Jonathan Ernst

WASHINGTON (Reuters) - Emmanuel Macron a été reçu lundi en grande pompe à Washington par Donald Trump au premier jour d’une visite d’Etat que la France et les Etats-Unis veulent riche en symboles et en démonstrations d’amitié en dépit des divergences persistantes sur l’Iran, le commerce et le climat.

Visite du bureau Ovale, survol de Washington à bord de l’hélicoptère présidentiel et dîner à la demeure historique de Mount Vernon : le chef de l’Etat français - premier dirigeant étranger en visite d’Etat sous la présidence Trump - a eu droit comme attendu à tous les honneurs de la part de son homologue.

Après un petit bain de foule avec son épouse Brigitte au mémorial de Lincoln où il s’est notamment prêté au jeu des selfies, Emmanuel Macron s’est rendu à la Maison blanche en fin d’après-midi où il a été accueilli par Donald et Melania Trump.

Un an après leur première poignée de main qui avait été très commentée en marge du sommet de l’Otan à Bruxelles, les deux présidents, très souriants, ont échangé une longue accolade sur le perron devant les objectifs, avant de rejoindre brièvement le bureau Ovale.

Cette première rencontre - la sixième entre les deux dirigeants depuis leur accession au pouvoir en 2017 - a été marquée par le don d’un chêne issu du bois Belleau (Aisne), lieu emblématique d’une bataille de 1918 des forces américaines contre les troupes allemandes.

Au-delà de l’aspect militaire, ce cadeau est l’occasion pour Emmanuel Macron de faire passer un nouveau “message” à son homologue américain, près d’un an après la décision de ce dernier se retirer de l’accord de Paris sur le climat.

“RESPONSABILITÉ COMMUNE”

Après la “plantation” du chêne dans le jardin de la Maison blanche, les deux couples se sont envolés à bord de l’hélicoptère présidentiel Marine One pour un survol de Washington puis vers Mount Vernon, résidence historique du premier président américain George Washington, pour un dîner privé.

“Cette visite est très importante dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, avec beaucoup d’incertitudes, beaucoup de troubles et parfois beaucoup de menaces”, a souligné Emmanuel Macron à son arrivée à Washington, en début d’après-midi sur la base aérienne d’Andrews.

“Nous avons les Etats Unis comme la France une responsabilité toute particulière (...) nous sommes les garants du multilatéralisme contemporain et je crois que nous avons à travers ces échanges beaucoup de décisions à prendre et à préparer”, a-t-il ajouté.

La visite se poursuivra mardi par un entretien dans le bureau Ovale, un déjeuner au département d’Etat, une rencontre avec des PDG français et américains, une visite au cimetière d’Arlington et le dîner d’Etat très attendu à la Maison blanche.

“Après des mois de préparation, le président américain et moi-même sommes impatients d’accueillir notre premier dîner d’Etat avec la France”, a écrit Melania Trump sur son compte Twitter lundi avec une vidéo des derniers préparatifs.

Au menu, selon les services de la Première dame, légumes issus du potager de la Maison blanche, agneau cuisiné selon la tradition de la Nouvelle-Orléans et tarte à la nectarine infusée au miel de la Maison blanche.

Mercredi, Emmanuel Macron s’exprimera devant le Congrès américain avant un “échange libre” avec des étudiants.

IRAN ET COMMERCE

Neuf mois après la visite de Donald Trump à Paris, marquée par le dîner en haut de la Tour Eiffel et le défilé militaire du 14-Juillet, cette visite d’Etat fait figure d’acte II dans la lune de miel prolongée entre Donald Trump et Emmanuel Macron.

En l’espace d’un an, les deux dirigeants qui sont arrivés au pouvoir en déjouant tous les pronostics et qui se décrivent comme des “francs-tireurs” sont parvenus à construire une relation “étroite” au gré de leurs rencontres et de leur vingtaine d’échanges téléphoniques, souligne-t-on à l’Elysée.

Les résultats concrets de cette “relation personnelle forte” restent toutefois limités aux yeux des observateurs qui estiment que la visite d’Emmanuel Macron fera figure de test à l’approche de deux échéances internationales cruciales - le 1er mai avec l’expiration de l’exemption des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium et le 12 mai avec l’accord sur le nucléaire iranien que Donald Trump menace de “déchirer”.

La marge s’annonce étroite. Quelques minutes seulement après l’arrivée d’Emmanuel Macron sur le sol américain, la Maison blanche a fait savoir qu’il n’y aurait aucune annonce sur la question de l’Iran au cours de ce séjour.

“Le président (Trump) a été extrêmement clair sur le fait qu’il pense que c’est un mauvais accord, sa position n’a pas changé”, a dit la porte-parole de la Maison blanche, Sarah Sanders.

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, la prudence est donc de mise. La visite d’Etat n’a pas vocation à “engranger des accords” mais à passer des messages, insiste-t-on à l’Elysée.

avec James Oliphant, édité par Jean Terzian

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