April 19, 2018 / 12:36 PM / 5 months ago

Greenpeace accuse le gouvernement d'"ouvrir les vannes" de l'huile de palme

MARSEILLE (Reuters) - Greenpeace a dénoncé jeudi le “double jeu” du gouvernement français qui s’apprêterait à “ouvrir les vannes” à une importation massive d’huile de palme pour alimenter le site de la bio-raffinerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône), ce qui serait contraire à ses engagements environnementaux.

“Le projet, qui fera bondir les importations françaises d’huile de palme de 64%, démontre l’incohérence totale du gouvernement français”, écrivent Greenpeace France et les Amis de la Terre dans un communiqué, condamnant une “importation massive d’un produit destructeur pour les forêts”.

Les organisations écologistes disent s’appuyer sur un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui détaille le plan d’approvisionnement de Total pour le site de la Mède, situé à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Marseille.

Elles précisent que 500.000 tonnes d’huile de palme par an devraient être ainsi importées pour alimenter la bio-raffinerie Total, contre environ 136.000 tonnes d’huile de palme alimentaire consommées chaque année en France.

“Le gouvernement exige de Total que son huile de palme soit certifiée, mais aucune certification ne garantit aujourd’hui l’absence d’impacts directs ou indirects sur les forêts”, souligne Greenpeace.

Le site Total a arrêté son activité de raffinage de pétrole brut à La Mède, soit 153.000 barils par jour, en décembre 2016 dans le cadre d’un plan de transformation du site.

“Aucune huile de palme non certifié durable n’entrera à La Mède”, a affirmé mardi le directeur général raffinage-Chimie du groupe Total, dans un entretien au journal La Provence.

Bernard Pinatel a précisé que les importations d’huile de palme certifiée provenaient de Malaisie et d’Indonésie, et que Total était en attente d’une autorisation d’exploiter de la préfecture pour la majorité des installations du site.

Seuls fonctionnent aujourd’hui une ferme photovoltaïque de 8 mégawatts, que le groupe s’était engagé à construire. Un atelier de production d’AdBlue, un addidif qui permet de diminuer les émissions d’oxyde d’azote, doit être opérationnel en juin.

“Quand la France décide d’ouvrir les vannes de l’huile de palme, les grands discours sur la protection du climat sonnent creux”, résume le chargé de campagne Forêts à Greenpeace France, Clément Sénéchal.

Jean-Français Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below