April 17, 2018 / 7:53 PM / 5 months ago

Emmanuel Macron en professeur d'Europe à Epinal

EPINAL, Vosges (Reuters) - Emmanuel Macron s’est mué mardi en pédagogue, à Epinal (Vosges), pour répondre aux interrogations de 400 participants aux “consultations citoyennes sur l’Europe” qu’il lançait officiellement, à un an des prochaines élections européennes.

Emmanuel Macron s'est mué mardi en pédagogue, à Epinal (Vosges), pour répondre aux interrogations de 400 participants aux "consultations citoyennes sur l'Europe" qu'il lançait officiellement, à un an des prochaines élections européennes. /Photo prise le 17 avril 2018/REUTERS/Frederick Florin

Debout au milieu de l’assistance - une configuration rappelant ses meetings de la campagne présidentielle, le chef de l’Etat s’est efforcé de persuader l’assistance que l’Europe n’était pas le problème mais la solution.

Dans un département qui a accordé 44,74% des voix à Marine Le Pen au second tour en 2017, soit onze points de plus qu’au niveau national, peu d’intervenants ont manifesté une hostilité au projet européen.

“Ces consultations doivent servir à ce que toutes les conceptions de l’Europe soient défendues”, a affirmé Emmanuel Macron en préambule, invitant “ceux qui ne veulent plus d’Europe” à s’exprimer.

Il a expliqué que souveraineté n’était pas synonyme de nationalité en guise de réponse à un homme s’étonnant que le chef de l’Etat insiste sur cette notion de souveraineté dans une Europe où personne ne se définit comme “européen”.

A un chef d’entreprise qui s’est plaint des difficultés de financement des entreprises, l’ancien banquier a répondu qu’il fallait achever l’Union bancaire afin de “réduire le risque systémique pour mieux financer l’économie réelle”.

Emmanuel Macron a confirmé son intention de permettre à la moitié d’une classe d’âge d’effectuer une partie de ses études à l’étranger dans le cadre d’Erasmus.

Ce programme “crée la chose la plus importante, pardonnez si c’est en latin, l’affectio societatis européen”, soit peu ou prou la citoyenneté européenne, a-t-il argué.

A défaut de vrais contradicteurs, le chef de l’Etat a dit ne pas croire “que les nations se dilueront dans l’Europe” à un garçon de dix ans qui demandait si les Européens auraient un jour une carte d’identité commune.

Alors qu’une centaine de “consultations” similaires doivent se tenir en France d’ici le mois d’octobre, Emmanuel Macron a invité tous ceux qui le souhaitent à en organiser d’autres.

Les contributions seront reprises sur un site internet sous la bannière “Quelle est votre Europe”, a-t-il précisé.

L’idée de débats citoyens destinés à recréer une adhésion au projet européen, une proposition formulée à la Sorbonne le 26 septembre 2017, a été reprise par les 26 partenaires de Paris au sein de l’Union européenne, le Royaume-Uni, en partance, n’étant pas concerné.

Le président français a expliqué le choix d’Epinal, pour cette première, par un souvenir personnel, celui du débat qu’il avait suivi, adolescent, entre le gaulliste souverainiste Philippe Séguin, alors maire de la ville, et François Mitterrand au moment du référendum sur le traité de Maastricht, en 1992.

C’était “un vrai débat, honnête et en profondeur”, a-t-il dit en affirmant la nécessité de retrouver ce même niveau.

Gilbert Reilhac, édité par Simon Carraud

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